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Baisse de prix de certains produits sur le marché mondial : aucune répercussion sur les prix en Haïti

Baisse de prix de certains produits sur le marché mondial : aucune répercussion sur les prix en Haïti

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Pour ce mois de mars, les prix de certains produits ont considérablement chuté sur le marché mondial. Des pays exportateurs de céréales comme le Brésil, l’Argentine, les États-Unis et la Russie ont augmenté leurs récoltes ainsi que les exportations, malgré les conséquences de la guerre russo-ukrainienne sur l’économie mondiale. Cette détente des prix n’est pas constatée sur le marché haïtien en raison du climat d’instabilité et la situation sécuritaire du pays qui s’aggrave de plus en plus, depuis des mois.

Au niveau des marchés publics de Port-au-Prince et à travers les rues, des marchands ambulants ont repris leurs activités habituelles. « 100 goud sachè espageti a, 100 goud [100 gourdes, le paquet de spaghetti] », voilà la proposition de ceux qui veulent attirer l’attention de la population sur une quelconque baisse de ces produits sur le marché mondial. « Au niveau des magasins, on constate une détente dans le prix de la farine et de certains produits. Le prix du paquet de spaghetti a baissé. Autrefois, le paquet coûtait 150 gourdes, aujourd’hui à partir de revient. Cependant, cette baisse de prix constatée dans le cas de certains produits, dont la farine et le spaghetti, ne concerne pas d’autres produits comme le maïs, le riz et l’huile de cuisine. Jeannette, une commerçante de la place, explique : « le bocal de nourriture  pour bébé, qui coûtait autrefois 22 gourdes, est désormais à 100 gourdes. On doit payer un sac de riz à 4 350 gourdes, un gallon d’huile se vend à plus de 2 000 gourdes, un sac de sucre coûte plus de 4 000 gourdes (...) Se nourrir ici est un casse-tête et les activités fonctionnent au ralenti au niveau des marchés publics, en raison de la crise du pays. Nous sommes livrés à nous-mêmes ».

 

Au niveau de certains magasins de produits alimentaires, aucune baisse des prix n’a encore été observée. Nicolas, employé d’un centre commercial situé à Tabarre, indique que les prix des produits sont encore en hausse dans le magasin qui l’emploie. Selon des commerçants, l’une des principales causes de la cherté de la vie dans le pays reste l’insécurité, puisque des hommes armés obligent les transporteurs et les responsables des entreprises à payer des prix élevés pour faire passer les marchandises. Pour d’autres, la dépréciation de la gourde est un facteur important parce que les importateurs ont besoin du dollar américain pour les transactions.

 

Sur le marché mondial, les céréales ont trouvé leurs prix d’avant-guerre. Selon FranceAgrimer, la guerre engagée par la Russie contre l’Ukraine ne lui a pas empêché d’être performant dans la production de céréales. « La Russie continue d’exporter son blé à un rythme record depuis le début de l’année. Ses exportations de blé pourraient atteindre 41 Mt en fin de campagne 2022/23, en hausse de 10 Mt par rapport à 2021/22, selon UkrAgroConsult. Ce cabinet prévoit par ailleurs des exportations ukrainiennes de 13,5 Mt de blé et 26,5 Mt de maïs en 2022/23 mais une forte baisse en 2023/24 en raison d’un capital de production amputé par la guerre », a révélé l’institution. Selon les dernières prévisions du département de l’Agriculture américain, pour la première fois, les exportations brésiliennes de maïs (50 Mt prévues) pourraient dépasser celles des États-Unis (47 Mt) et les récoltes sont aussi considérables en Argentine et en Europe. 

 

Au niveau mondial, une grande mobilisation est mise en place pour lutter contre l’inflation. Celle-ci est devenue une priorité pour les pays, les banques centrales (FED et BCE) pour une croissance économique des États et la relève après les pertes liées à l’épidémie du Coronavirus en 2020. En Haïti, les défis sont encore énormes pour les dirigeants, mis à part, les alternatives pour un redressement de l’économie suite aux diverses perturbations externes, l’insécurité et l’instabilité aggravent davantage les conditions de vie de la population et conduisent près de la moitié de la population à un niveau d’insécurité alimentaire aiguë.

 

Oberde Charles

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