L’insécurité continue toujours de faire des victimes
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Alors que la sécurisation du référendum constitutionnel prévu pour le 27 juin prochain en est devenue le principal souci du régime en place après l’appel lancé par plusieurs entités politiques pour empêcher sa tenue, l’insécurité continue de suivre son cours. À travers un communiqué transféré à la rédaction du journal, Médecins sans frontières (MSF) de Tabarre a indiqué qu’un membre de son personnel a été attaqué par balle en sortant de son travail et a succombé à ses blessures. Pour MSF, cette « violence ordinaire » est « insupportable ».
À un mois du référendum constitutionnel qui occupe toute l’attention du gouvernement en place, la sécurité publique n’est toujours pas garantie surtout quand on sait des personnalités politiques menacent de faire échec au projet du régime au pouvoir. Entretemps, la population continue d’être la proie de l’insécurité grandissante. En effet, c’est ce que Médecins sans frontières a dénoncé à travers communiqué transféré à la rédaction ce jeudi 27 mai 2021. Pour MSF, il y a une « violence ordinaire insupportable » dans le pays.
L’instance qui travaille en Haïti depuis plus de 30 ans dont ses activités se concentrent sur la prise en charge des urgences médicales vitales pour les personnes affectées par la violence, les brûlures, les accidents de la route et les violences sexuelles, a expliqué : « mardi 25 mai au soir, un personnel de Médecins sans frontières (MSF) qui sortait de sa journée de travail a été attaqué, puis touché par une balle à laquelle il n’a pas survécu alors qu’il n’opposait aucune résistance. Moise, employé à l’hôpital traumatologique MSF de Tabarre, père de trois enfants aujourd’hui orphelins, est une victime de plus de la violence chronique à laquelle l’ensemble de la société haïtienne est confronté de manière ascendante ces dernières années… ». Selon MSF, « Moise a été transporté en toute urgence à l’hôpital dans lequel il travaillait à Tabarre, mais il est décédé à son arrivée
Cette attaque armée n’a pas laissé sans réaction, Aline Serin, responsable de MSF en Haïti. « Moise était notre collègue, notre ami, et il est devenu aujourd’hui une victime de plus de la violence chronique en Haïti », se révolte-t-elle avant d’ajouter qu’« il était aussi un personnel de l’hôpital de MSF à Tabarre, qui prend en charge les urgences médicales vitales uniquement basées sur la sévérité des blessés que nous recevons ». La responsable se demande également « que peut encore espérer la population haïtienne, quand l’insécurité devient la norme, quand on risque sa vie en allant travailler ou en sortant de chez soi ». Pour Mme Serin, « cette violence ordinaire, indiscriminée, normalisée est insupportable ».
Pour MSF, l’histoire de Moise est un exemple de plus de cette violence chronique qui touche la population de multiples façons dans la capitale haïtienne ». Le communiqué a aussi fait état que depuis la réouverture de l’hôpital de Tabarre en 2019, « MSF a pris en charge 2 200 patients dont 65% victimes de cette violence chronique qui touche Port-au-Prince. Ces chiffres ne représentent qu’une partie des nombreuses victimes quotidiennes de l’insécurité dans le pays ».
Entre une supposée trêve conclue ou pas avec les bandits armés pour l’organisation prochaine du référendum constitutionnel, l’insécurité reste un fardeau pour la population haïtienne et les autorités semblent toujours impuissantes.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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