HAÏTI/INSÉCURITÉ
L’horreur s’installe, aucune issue à l’horizon
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Près d’une quinzaine de morts et plusieurs véhicules ont été incendiés le lundi 20 mars, à Frères, dans la commune de Pétion-ville, actions perpétrées en représailles au lynchage, dimanche, de 3 membres du gang « Kraze baryè », dont l’un serait, selon les informations, le fils de Vitelhomme Innocent. Livrés à leur triste sort, des membres de la population fuient la zone.
Des citoyens résidant à Cago, à Frères, acculés par les exactions des malfrats, s’en sont pris à 3 des sbires du dénommé Vitelhomme Innocent, en réaction, ce dernier a déchaîné sa colère contre la population civile. Résultat : plus d’une quinzaine de personnes ont été sauvagement assassinées.
Trois parmi les victimes se trouvaient à bord d’un véhicule de location. Les autres sont des chauffeurs de camionnettes et des membres de la population, les cadavres des victimes ont été abandonnés à la merci des chiens de la zone, selon le témoignage des riverains, qui déplorent l’absence des agents. Pour essayer d’échapper à la fureur des bandits, des habitants de la zone abandonnent leurs maisons en panique avec très peu d’effets personnels.
Pareillement, l’ONU révèle que pas moins de 187 personnes ont été arrachées à la vie en espace de 11 jours. Conséquences notamment des nouveaux affrontements éclatés entre gangs rivaux dans la capitale, près de 150 autres sont sortis blessés.
Face à autant d’atrocités, les autorités étatiques, notamment policières qui semblent être en panne de solution, se complaisent dans un mutisme assourdissant, qui a pour effet d’augmenter le désespoir de la population.
Comme un aveu d’impuissance, la ministre de la Justice et de la Sécurité publique a.i, Emmelie Prophète Milcé, qui avait préalablement demandé à la population d’organiser sa défense, a reconnu que la situation sécuritaire catastrophique que vit le pays, notamment à Martissant, dépasse les autorités. Mais elle informe que le gouvernement est en train de définir des stratégies afin de reprendre le contrôle des occupés par les gangs, qui selon la ministre sont des « territoires perdus ».
Pratiquement tous les secteurs de la vie nationale devant contribuer à une sortie de crise en proposant des pistes de solutions sont à la traîne, et les responsables se plaignent comme un citoyen lambda. En effet, le lectorat de l’UEH lance un cri d’alarme, appelle à la mise en place d’un plan de sécurité nationale.
Une sortie motivée par l’attaque perpétrée par des bandits contre la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire (FAMV), selon le Rectorat de l’Université d’État d’Haïti, cette énième exaction montre l’incapacité des forces de l’ordre à protéger et servir la population dans les circonstances actuelles. Il appelle dans une note publiée le 20 mars, à l’élaboration et à la mise en place, d’un plan de sécurité nationale pour sortir le pays du bourbier.
Esdra Jeudy
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