« Renoncer au projet du référendum serait donc la sage décision de l’heure », selon l’Église catholique
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La Conférence des évêques catholiques d’Haïti (CEH) s’est prononcée au sujet du référendum constitutionnel prévu pour le 27 juin. Pour la CEH, ce projet du gouvernement en place, dans un contexte aussi délétère, risque de plonger le pays davantage dans la crise. Dans cette optique, l’Église catholique conseille le régime en place à recourir à la sagesse en renonçant au projet référendaire.
La Conférence des évêques catholiques d’Haïti (CEH) a fixé sa position par rapport à la conjoncture socio-politique qui prévaut dans le pays à travers une note diffusée le mardi 1er juin 2021. En effet, pour la CEH, il serait de bon ton que le régime en place fasse marche arrière dans son projet de référendum constitutionnel prévu pour le 27 juin 2021. L’Église catholique estime que le régime en place ne devrait pas prendre la décision de remplacer la Constitution au moment que le pays traverse une crise politique.
« S’entêter à le faire, dit-elle, va enfoncer le pays dans une crise encore plus profonde. La conjoncture sociale et politique actuelle, faite de division, de méfiance et de violence de toutes sortes, n’est pas du tout favorable à un projet d’une telle envergure, qui supposerait la mise en commun de toutes les forces vives de la Nation. Renoncer au projet du référendum serait donc la sage décision de l’heure. Évitez, nous vous en conjurons, que le pays connaisse encore des jours sombres et même pires que ceux que nous connaissons présentement ».
Outre cela, la CEH, qui se place aux côtés de la population haïtienne dans sa quête de justice, a rappelé à l’équipe au pouvoir que la manière de procéder au changement de la Constitution n’est pas la bonne. « Si de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer des changements dans la Constitution ou une nouvelle constitution, il faut bien chercher la manière juste et consensuelle pour y arriver », a-t-elle signalé avant d’ajouter que « tel n’est pas le cas pour le moment ».
D’après la CEH, le lot de souffrances du peuple est énorme ces derniers temps. En ce sens, elle cite « la multiplication des gangs lourdement armés qui font la loi et imposent leurs diktats, la violence sous toutes ses formes, le kidnapping, l’insécurité qui empêche la libre circulation sur le territoire national, la criminalité, l’impunité, l’instabilité politique, la détérioration des structures de l’État, la cherté de la vie, la recrudescence de la Covid-19 ». Pour la Conférence, les Haïtiens doivent s’empresser de travailler pour la paix et le changement en profondeur.
Par ailleurs, cette position exprimée par la CEH n’est pas différente de celle exprimée ce mardi 1er juin 2021 par « le Collectif 4 décembre 2013 » qui demande à Jovenel Moïse d’annuler ce projet de référendum.
« Par contre, au nom de la société civile, au nom de la nation haïtienne, au nom du patriotisme, qui gît en chacun de nous, nous demandons avec insistance au chef de facto de l’État de revenir sur la décision d’aller vers ce référendum qui, au fond, risque même de déclencher des réactions apocalyptiques irréparables, ne fera qu’engloutir nous tous dans le chaos, hypothéquer l’avenir d’Haïti et avilir piteusement sa souveraineté », a écrit le collectif qui, bien avant, appelle « toute la population à maintenir une mobilisation sans faille pour bloquer cette tentative… ».
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