HAÏTI/INSÉCURITÉ
L’université subit la loi des bandits
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Le secteur éducatif, à tous les niveaux, n'est pas épargné de la violence des bandits. Les dernières confrontations entre les groupes armés de la fédération des gangs du G9 et de Bel-Air ont provoqué le dysfonctionnement de plusieurs centres universitaires du Centre-ville de Port-au-Prince. Cette situation conduit à une baisse considérable des étudiants dans les salles de cours et la fermeture de plusieurs centres de formation.
Isaac, un étudiant en à la Faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince (FDSE), indique qu'il a fréquenté l'espace de ladite faculté depuis décembre 2022. Il a également précisé que les portes de cette entité de l'UEH (Université d'État d'Haïti) restent fermées en raison du climat d'insécurité qui prévaut dans la zone métropolitaine depuis des temps. « Les responsables ont décidé de ne pas poursuivre l’année académique dont les cours ont débuté en 2022. Même pour la reprise des examens de la première session, ils n'ont rien annoncé. C’est de la méchanceté », soulève-t-il.
Robenson, un étudiant de la Faculté d'ethnologie (FE), une autre entité de l'UEH, affirme que les activités fonctionnent au ralenti dans l'enceinte de cet espace universitaire. « L'insécurité, notamment le kidnapping, les détonations d'armes automatiques qu'on entend assez souvent dans la zone, ces situations ont mis en danger les professeurs ainsi que les étudiants. Dès lors, certains enseignants ne viennent plus dispenser leurs cours, ils ne sont même pas en mesure de recadrer l'horaire », explique l'étudiant. Parallèlement, certains étudiants abandonnent les cours, en attendant un climat beaucoup plus serein dans le pays.
Cette situation est la même pour les étudiants des universités privées qui se trouvent au Centre-ville de Port-au-Prince. Pierre, étudiant en sciences administratives à l'Institut des hautes commerciales et économiques (IHCE), raconte son calvaire, lorsqu'il prend les rues. « J'ai peur. En route pour venir à l'école, c'est un grand risque. Je suis en troisième année, il ne me reste qu'une seule année de formation pour boucler ce cycle, mais le pays va mal, j'ai déjà perdu plusieurs heures de cours et certains de nos professeurs ont déjà laissé le pays ou du moins ils ne sont pas en mesure de venir au centre à cause des cas de rapt qui augmentent dans les rues », soutient-il. De fait, Pierre rappelle qu'il n'est pas vraiment motivé pour continuer ses études sinon qu'une simple volonté de ne pas rester à la maison et se laisser ennuyer par les angoisses de toutes sortes.
L'un des responsables de l'IHECE indique que la situation est macabre dans le pays. « Les salles de cours ont un effectif diminué. C'est le chaos. Tout le monde a peur. Des professeurs ne viennent plus dans l'établissement pour assurer leurs cours par peur d'être kidnappés. On vit et on s'inquiète de tout. Les tirs des hommes armés qui ont envahi l'avenue Poupelard, c'est tout près de nous. Mais on veut continuer les choses, on ne peut pas croiser les bras et tout livrer au contrôle des bandits », a-t-il soumis. Par contre, il croit que c'est l'irresponsabilité continue de l'État qui a rendu aussi fragile la réalité actuelle. En ce sens, il appelle à la solidarité citoyenne pour dire non à la dominance des groupes armés. M. (X) ajoute qu'avec la volonté rien n'est impossible, au moment où l'on prend conscience du besoin de changer les choses et rétablir l'ordre et la sécurité sur le territoire.
Oberde Charles
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