Lancement d’un centre d’informations permanentes sur le referendum et les élections
À quelques jours de l’organisation du referendum constitutionnel, et à quelques mois des élections générales, le pouvoir en place procède au lancement d’un centre d’informations permanentes sur le referendum et les élections (CIPRE). L’objectif, selon le ministre de la Communication, Pradel Henriquez, est de convaincre la population sur la nécessité d’opérer un changement constitutionnel dans le pays.
C’est un lancement qui vient quelques heures après la circulation sur les réseaux sociaux d’un extrait de vidéo d’un reportage d’autres confrères journalistes montrant à quel point des membres de la population, notamment des villes de province, n’ont aucune idée de ce que c’est un referendum. Cette structure, d’après le ministre de la Communication, organisera une séance de rencontre avec la population au moins deux fois par semaine, dans l’idée de l’informer de ce qui se passe dans la cuisine en ce qui concerne l’organisation prochaine du referendum et des élections générales.
Présent au lancement, Mathias Pierre, ministre délégué chargé des questions électorales, a fait savoir que l’idée est d’aider la population à mieux appréhender le projet, et connaitre les initiatives entreprises par le pouvoir en place. Faisant tout un étalage sur le projet constitutionnel de son équipe, Mathias Pierre, d’un ton arrogant, tenait à préciser que le referendum et les élections auront lieu envers et contre tous. Car, dit-il, le pays ne peut pas rester sans des dirigeants élus à partir du 7 février 2022. Ainsi, il rejette l’idée d’un pouvoir de transition en Haïti.
Avec le CIPRE, les protagonistes auront l’occasion d’expliquer à la population les éléments essentiels de la nouvelle constitution, selon Mathias Pierre. Mais à une vingtaine de jours du referendum, le pouvoir n’a pas beaucoup de temps réellement pour inculquer les grandes lignes de cette nouvelle constitution au public haïtien qui semble réfractaire à toute idée de changement de la Constitution de 1987 dans les conditions actuelles. Le ministre donne rendez-vous la semaine prochaine pour une autre séance de sensibilisation avec d’autres membres du gouvernement sur le projet de referendum constitutionnel.
Lors de son adresse pour sensibiliser la population sur le coronavirus et la saison cyclonique, le président de la République, Jovenel Moise, a profité pour parler de son projet de referendum constitutionnel. Selon lui, l’heure d’entendre la majorité est arrivée. Le chef de l’État reste ferme sur sa décision de changer la Constitution, revendiquant au passage un caractère légal pour une telle initiative. D’après lui, c’est l’amendement par voie référendaire qui est interdite. Mais lui, il ne propose pas d’amendement, mais de préférence l’adoption d’une nouvelle constitution qui va répondre aux désidératas de toutes les couches de la population.
Ainsi, Jovenel Moise a profité de l’occasion pour lancer un énième appel à ses adversaires de l’opposition en vue de faire un faisceau et de changer cette constitution qui, selon lui, ne favorise pas le progrès dans le pays. « La Constitution n’est pas mon affaire », affirme-t-il, en soulignant que toutes les recommandations d’amendements déjà proposés au pays se trouvent dans ce projet de nouvelle constitution. Pour Jovenel Moise, aucun Haïtien n’aura un avenir meilleur avec la Constitution de 1987. Une seule façon de résoudre le mal du pays, poursuit-il, c’est de mettre la Constitution en débat et d’opter pour une nouvelle.
Evens REGIS
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