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Où sont passés les produits pétroliers qui laissent quotidiennement le terminal de Varreux ?

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Les opérations de chargement des camions-citernes ont considérablement augmenté ces dernières semaines au terminal de Varreux. Durant la période du 24 au 28 février 2023, plus de 400 camions avaient été chargés au centre de stockage de WINECO avec une cargaison proche de 3 millions de gallons de gazoline et de diesel. Cependant, au niveau des rues, aucun apaisement n’a été constaté, puisque le marché noir demeure le principal recours des consommateurs, vu le fonctionnement au ralenti des pompes à essence.

Les opérations réalisées au terminal de Varreux laissent croire qu’il y a une distribution normale des produits pétroliers à travers le pays. Pour ce mois de février, la quantité de carburant ayant laissé le plus grand centre de stockage du territoire est évaluée à 5 279 500 gallons de gazoline, un total de 4 033 800 gallons de diesel, et plus de 70 000 gallons de kérosène, suivant les données publiées par les responsables de WINECO. 


 

Selon le coordonnateur du Mouvement unifié des transporteurs d’Haïti, Duclos Bénissoit, il y a des compagnies pétrolières et certains distributeurs qui contribuent à l’alimentation du marché noir, tout en s’appuyant sur la faiblesse de l’État pour aggraver la crise du pays.  Des stations-service stockent l’essence et la revendent à des particuliers ou à des entreprises en dehors du prix fixé par le gouvernement. Ils déduisent que leurs marges de profit seraient trop minimes s’ils continuent à vendre normalement le carburant, voilà pourquoi ils provoquent la crise et soutiennent de préférence le commerce illicite des produits pétroliers pour accumuler un plus large bénéfice. 

 

Néanmoins, le syndicaliste Duclos Bénissoit a parallèlement soulevé que la quantité de produits distribués n’a pas soulagé le marché ni les consommateurs. Selon lui, les chauffeurs du transport en commun font face à l’insécurité, mais aussi aux problèmes liés à l’indisponibilité du carburant sur le territoire. « Pour fréquenter les routes nationales, les chauffeurs sont rançonnés par les bandits. Ils paient entre 250 gourdes et parfois beaucoup plus à chaque voyage. Il n’y a aucun apaisement au niveau des rues. Les produits pétroliers continuent de se faire rares. Les pompes à essence fonctionnent au ralenti. Nous sommes obligés d’acheter l’essence à un prix très élevé au marché noir ; parfois à plus de 1 000 gourdes le gallon de gazoline qui coûte 570 gourdes au niveau des stations-service. Sauf le gasoil qui est un peu plus disponible dans les pompes à essence », a-t-il rappelé, tout en soulignant qu’ils sont contraints de faire ces excès sinon, ils seront totalement sans revenus et sans aucune autre assistance. 

 

En outre, M. Bénissoit souligne que les distributeurs des produits pétroliers, comme les chauffeurs du transport en commun, connaissent les mêmes difficultés que les chauffeurs du transport en commun lorsqu’ils doivent livrer l’essence dans certains endroits du pays, qui sont totalement contrôlés par les groupes armés. « Cette situation complique davantage la disponibilité de l’or noir dans certains lieux malgré les efforts des distributeurs », a-t-il soumis. Par contre, le président de l’ANADIPP (Association nationale des distributeurs de produits pétroliers),  David Turnier, qui a été contacté à ce sujet,  n’a pas donné de détails. Il a seulement confié que la crise a beaucoup de conséquences sur le fonctionnement des transporteurs et qu’il a déjà proposé aux différents acteurs économiques de se réunir afin d’analyser ensemble les stratégies qui pourraient servir à une sortie de crise et un fonctionnement normal des activités. Pour sa part, Duclos Bénissoit lance un appel au calme, invite les groupes armés à déposer leurs armes, de cesser avec leurs tueries et autres méchancetés récurrentes, comme le kidnapping et de faire la paix avec le peuple. Il demande également aux acteurs des divers secteurs à se réunir pour prendre en main l’avenir du pays et relancer la politique à partir des principes démocratiques et légaux. 

 

 

Oberde Charles

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