Grève HUEH : Les patients abandonnés à leur sort
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La situation des malades à l’hôpital universitaire d’État d’Haïti se complique de plus en plus, depuis que les résidents ont entamé un mouvement de protestation, le 22 décembre dernier, pour réclamer de meilleures conditions de travail, une augmentation de salaire et des matériels adéquats.
La cour du plus grand centre hospitalier public et universitaire du pays est un peu déserte ce lundi 27 février. Tout près de la barrière principale et dans plusieurs autres coins, des monticules de détritus sont remarqués. Quelques rares malades défilent dans le centre pour voir si les services de l’hôpital ont repris.
Plus loin, au service de traumatologie, un groupe d’employés discute, et des patients handicapés se tiennent dans la cour et dans les couloirs. Dans certaines salles, des malades sont allongés sur leurs lits, d’autres sont massés devant leurs chambres ou les services dans lesquels ils suivent leur traitement particulier, mais aucun professionnel de la santé à l’horizon.
À l’entrée de l’unité d’urologie, Louis Alexis, un soixantenaire, est assis à même le sol, écoutant de la musique, perdu apparemment dans ses pensées. Ce malade en quête de soin fait pression sur son genou droit pour essayer de calmer sa douleur.
En effet, Alexis est admis dans ce centre depuis des mois et il est diagnostiqué de prostatite et calculs rénaux. Il raconte qu’il est seul face à sa maladie depuis la cessation de travail des médecins. « Les membres de ma famille m’ont abandonné et depuis cette grève, personne ne prend soin de moi. Je souffre de la prostatite, j’ai des calculs rénaux, je n’ai pas de cathéter, lorsque je dois uriner, je suis obligé de faire pression sur mes parties génitales pour atténuer ma souffrance », explique-t-il.
Parallèlement, d’autres malades font face à cette même situation. Jean Pierre, âgé de 64 ans, est paraplégique, dans une chaise roulante, se plaint de l’absence des résidents qui l’ont toujours soutenu et soigné. « J’ai les résultats de mes analyses et es médecins ont arrêté de travailler. Regardez ma peau, vous voyez toutes ces marques et en plus je suis paralysé, je n’ai plus de médicaments », a-t-il déclaré!
Plus loin, il dit comprendre la décision des résidents d’observer un arrêt de travail. Selon lui, les responsables doivent offrir de meilleures conditions de travail au personnel médical. Il critique sévèrement les autorités qui tardent à satisfaire les revendications des grévistes.
En outre, les malades lancent un cri d’alarme au gouvernement, plus particulièrement au ministre de la Santé publique et de la Population, pour la résolution de cette crise qui a trop duré au sein de l’HUEH.
Sheelove Semexant
1 commentaire
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Vilbrun
Tres belle article