HAÏTI / ASSASSINAT EN SÉRIE DES POLICIERS
« Seule une force internationale adaptée peut aider à asphyxier l’hégémonie des gangs armés dans le pays », suivant le CARDH
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Le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme ( CARDH), dans son dernier rapport en date du lundi 30 janvier 2023, admet que seule une force internationale adaptée peut aider à stopper l’hégémonie des groupes armés et des réseaux criminels qui alimentent la plus grave crise multidimensionnelle actuelle et à protéger les citoyens. « L’assassinat des policiers en rythme annuel a considérablement augmenté : quatorze en 2018, 37 en 2019, 29 en 2020, 31 en 2021, 54 en 2022 et déjà plus de quinze en 2023 », peut-on lire dans le rapport du CARDH.
En effet, pour le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme, on doit à tout prix sortir de la rhétorique des conférences, Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) spécial, promesses du gouvernement et des partenaires internationaux, opérations Dragons, Boukle Pòtoprens, Terminator, Tornade, pour adopter des mesures proportionnelles urgentes, notamment une force internationale adaptée pour aider la police à cette hémorragie, sinon les victimes seront bientôt jetées aux oubliettes. À l’instar de celles de Village-de-Dieu, d’autres drames surviendront.
Suivant les responsables de cet organisme, la grave crise humanitaire et des violations de droits humains est insoutenable. Ils ont signalé l’assassinat en cascade des policiers, la hausse du kidnapping, les viols de femmes et de filles, l’extension des gangs qui confirment chaque jour la nécessité d’une intervention internationale adaptée bilatérale ou multilatérale pour accompagner la police afin de déloger les gangs et de renforcer cette dernière. Du 1er au 25 janvier 2023, quinze policiers sont déjà assassinés.
Le 20 janvier 2023, une patrouille policière a été prise dans une embuscade, trois policiers ont été assassinés et un disparu, à Métivier, une localité située à proximité de Diègue et de la banlieue Cacouille, municipalité de Pétion-Ville. Luc Eliezer, 20e promotion, Gérald Occinal 30e promotion, et Duckens Céjuste, 24e promotion, tels sont les noms des policiers mortellement blessés et le disparu répond au nom de Wiclern Staniclas, 20e promotion, de la Police nationale d’Haïti, et le blessé par balle, Guillaume Pascal, 31epromotion.
Six policiers assassinés à Liancourt, le 25 janvier 2023
Le 25 janvier 2023, six policiers ont été assassinés à Liancourt (département de l’Artibonite) par le gang dénommé baz Gran Grif, basé principalement à Savien, qui tentait de prendre le contrôle du Sous-commissariat. Deux policiers ont été tués sur place. Quatre autres blessés plutôt dans la journée ont été sortis de la clinique et exécutés. Ces indicateurs permettent d’affirmer que cette année sera plus difficile si des mesures proportionnelles et urgentes ne sont pas adoptées, ont fait savoir les responsables du centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme.
De l’avis des membres du Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme, les efforts de la Police nationale d’Haïti sont visibles, mais ils sont largement insuffisants pour freiner la prolifération des gangs armés qui gangrènent la République d’Haïti. Le CARDH estime qu'il est temps d’avoir une Police nationale d’Haïti avec des moyens capables de garantir la sécurité. Hélicoptères, blindés appropriés, engins lourds, armes, munitions, technologie, drones furtifs, doivent être à la disposition de l’institution policière.
Ainsi, ladite structure pense qu’il est temps d’avoir une institution policière avec des moyens dissuasifs. La sécurité est avant tout une question de moyens et non de postures, comme le président français, Emmanuel Macron, l’a précisé lors d’un débat présidentiel, le 20 avril 2022, a tenu à rapporter le CARDH.
« Au nom du principe de la responsabilité de protéger, l’international devrait sortir de la rhétorique de promesses, de réunions afin d'agir concrètement »,
Il faut responsabiliser ceux qui avaient armé les gens vulnérables
D’après ledit centre, aujourd’hui, il ne faut pas se contenter de dénoncer les gangs, il faut aussi responsabiliser les hommes et les femmes qui ont armé les gens des zones vulnérables à des fins politiques, économiques et autres. Ils sont donc les premiers responsables de la décente aux enfers du pays. « Il faut aussi demander des comptes à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), l'Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) et le parquet sur les 1.2 million USD décaissés par l’administration de l’ancien Premier ministre Joseph Jouthe pour l’achat de matériels pour lutter contre le kidnapping et l’insécurité », a mentionné le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme dans son dernier rapport, daté du 30 janvier 2023, concernant l'insécurité généralisée du pays notamment l’assassinat en cascade des policiers par les gangs armés.
Vladimir Predvil
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