Zéro élu dans la République
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Suivant les prescrits de la Constitution haïtienne, ce 9 janvier 2023, qui est le deuxième lundi de l’année, signe la fin du mandat du tiers du Sénat. En cette date, également de nouveaux élus devraient intégrer le Parlement haïtien, mais faute d’élections depuis plusieurs années, Haïti ne compte aujourd’hui plus aucun élu notamment avec le départ de ces 10 parlementaires.
Le pays n’avait plus de maires et de députés. À présent, depuis le dimanche 8 janvier 2023 à minuit, il n’y plus de sénateurs. Déjà en proie à une instabilité politique chronique, à l’insécurité exaspérante, Haïti s’enlise un peu plus dans la crise. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul élu dans la République.
Arrivée au pouvoir après l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, Ariel Henry a renvoyé les membres du conseil électoral provisoire constitué par l’ancienne administration. Par ricochet, les élections présidentielles, législatives et le référendum constitutionnel prévu de novembre 2021 et janvier 2022 ont été reportés sine die.
Depuis, en raison des troubles sociaux, politiques à répétition et les institutions démocratiques parties en éclat, le chef du Gouvernement éprouve énormément de difficultés à former un conseil électoral, pour mettre le pays sur le chemin de nouvelles élections.
Aujourd’hui, une équipe gouvernementale, qui ne tire sa légitimité de nulle part, mène la barque du pays, ne cesse de marteler les acteurs. Conscient de la situation, l’occupant de la Primature a mis sur pied avec quelques structures et partis politiques qui étaient en opposition à l’ancien régime un accord, le 11 septembre 2021, pour une gouvernance apaisée. Le document paraphé n’a pas contribué à calmer les ardeurs.
« Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes » est le nom du dernier accord signé entre le Premier ministre et quelques acteurs politiques et du secteur des affaires, près de 16 mois après le précédent. Initiative prise suite au constat de l’aggravation de la crise, et aux appels répétés de la communauté internationale, mais déjà des acteurs politiques commencent à frapper le point sur la table, et la communauté internationale appelle à un plus large consensus.
Le dimanche 1er janvier, marquant le 219e anniversaire de la Proclamation de l’Indépendance d’Haïti, le chef du Gouvernement a déclaré que l’année 2023 sera une année électorale, en de misant sur le consensus franchement retrouvé, mais le très peu d’adhésion de partis politiques représentatifs à la démarche pourrait boycotter cet objectif.
Esdra Jeudy
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