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HAÏTI/INSÉCURITÉ

Sous l’emprise des gangs armés, la population haïtienne survit

Sous l’emprise des gangs armés, la population haïtienne survit

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En Haïti, l’année 2022 est marquée par la recrudescence folle de la violence. Durant cette année, l’hégémonie des groupes armés dans le pays a atteint un niveau inexplicable. Bon nombre de personnes ont fui leurs demeures pour aller se réfugier ailleurs à cause des agissements des gangs armés qui gangrènent notamment la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses périphéries. « Laboule 12, Martissant, Caradeux, Pernier, Torcel, Tabarre, Petite Rivière de l’Artibonite, Carrefour-feuilles, Cité-Soleil, Plaine du Cul-de-sac, entre autres, n’ont bénéficié d’aucun répit». La population haïtienne a survécu balle après balle, comme dans une jungle, au cours de l’année 2022.

En effet, comme pour l’année précédente, le bilan de l’insécurité en Haïti, en 2022, est très lourd. Plus de 1400 personnes ont été tuées par les groupes armés, 1005 ont été enlevées suivant un rapport du Haut commissariat pour les réfugiés en Haïti, qui a aussi fait état de 1145 personnes blessées. De même, plus de 96 000 personnes ont fui les mouvements de violences qui règnent dans la capitale du pays précisément à cause des affrontements entre les groupes armés.

 

 Suivant certaines observations d’organismes des droits humains, Haïti est englué dans une crise sécuritaire aigüe et toutes les couches de la population haïtienne sont touchées par  les actes de violence et criminels des bandits armés. « Des milliers de femmes et d’hommes ont été forcés de quitter leur foyer afin d’échapper à la violence des gangs armés », une déclaration de Ulrika Richardson, coordinatrice de programme des Nations unies en Haïti. 

 

Au cours de l’année 2022, la violence liée aux actes barbares dans la région métropolitaine de Port-au-Prince a entraîné des rackets, des enlèvements et divers autres actes criminels. « Plus de 1700 déplacés ont été répertoriés au tout début des agissements des bandes armées dans la Plaine du Cul-de-sac, d’après les données de l’OIM.

 

 « La guerre des gangs et les violences en Haïti ont fait perdre à plus de 500 000 enfants l’accès à l’école. Plus de 1700 écoles dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses périphéries sont fermées jusqu’à date», ce qui indique que la situation sécuritaire délétère du pays a privé beaucoup d’enfants de prendre le chemin de l’école.

 

Soulignons que le jeudi 2 juin 2022, trois décès et plusieurs blessés ont été recensés lors d’une fusillade à Gérald Bataille, par des individus à moto. Également, deux personnes ont été exécutées le 4 juin, à Bon-Repos, sur la Nationale numéro un, dans la commune de la Croix des Bouquets par des bandits qui se trouvaient dans un véhicule aux vitres teintées et dépourvues de plaque d’immatriculation.

 

Durant l’année 2022, au moins 8 journalistes ont été assassinés, Romelson Vilcin et Franklin Tamar sont les cas les plus récents. Plus de 50 policiers sont également victimes des actes de banditisme en Haïti, dont Harrington Rigaud. Le 28 octobre 2022, des individus armés ont abattu le secrétaire général du parti politique Rassemblement des démocrates nationaux progressistes et homme d’affaires, Éric Jean-Baptiste à Laboule 12 », peut-on se rappeler.

 

Ainsi dire, le bilan de la situation sécuritaire du pays est très alarmante. Selon le coordonnateur général du collectif des Défenseurs plus, pour la période allant de janvier au 1er décembre 2022, le pays a compté entre 5 à 9 morts par jour, et la plupart de ces cas sont des exécutions sommaires.

 

Jusqu’à date, le phénomène de l’insécurité, hors contrôle en Haïti, ne semble nullement préoccuper les dirigeants et les élites du pays qui sont incapables également de trouver une issue à la crise actuelle. De son côté, le haut commandement de la Police nationale d’Haïti se dit satisfait du travail effectué et se montre satisfait de son bilan annuel. Entre temps, la banalisation de la violence et les bandits qui n’observent aucun répit dans la multiplication des crimes dans la région métropolitaine continuent de mettre les populations de Martissant, de Caradeux, Pernier, de la Savane Pistache et de Petite Rivière de l’Artibonite, entre autres, à genoux. 

 

 

Vladimir Predvil 

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