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Fin de l’année 2022 : la CRAN dresse son bilan

Fin de l’année 2022 : la CRAN dresse son bilan

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La Cellule de réflexion et d’action nationale ( CRAN), dans son bilan annuel, a critiqué le mode de gouvernance du Premier ministre Ariel Henry et de son équipe. Les responsables de cette cellule estiment que le chef du gouvernement haïtien doit se rendre compte de son incapacité et penser à rendre son tablier. « Au cas où, un large consensus, entre toutes les couches de la société haïtienne, notamment les partis politiques, aurait été nécessaire », suivant cet organisme qui défend la stricte application, dans la transparence, des sanctions prises par la communauté internationale à l’encontre de certains politiques haïtiens tout en dénonçant la défaillance de toutes les institutions étatiques du pays.

Dans son bilan, la Cellule de réflexion et d’action nationale a souligné que les citoyens et citoyennes du pays vivent dans la misère, dans la disette, dans la violence et dans l’insécurité totale. Cette situation saute aux yeux de tout le monde, a-t-elle rappelé, tout en indiquant qu’en cette fin de 2022, I'IHSI a déjà  publié le chiffre de l’inflation qui atteint 38,3% pour l’année. «  Le coût de la vie augmente, mais la question du salaire minimum n’est pas sur la table. La population s’appauvrit », lit-on.

En effet, le pays s’était trouvé en mode « lock » depuis que le Gouvernement a doublé les prix du carburant sur le marché, à cause des politiciens qui prennent le pays en otage et l’affermissement des gangs armés, ont mentionné les responsables de ladite cellule dans leur bilan. « Ces derniers bloquent le pays, ils rançonnent les gens et exigent de l’argent pour la sécurité. Divers quartiers de la capitale sont commandés par un chef de gang. Ces chefs sont le plus souvent des jeunes qui avec leurs armes terrorisent la population », suivant les responsables qui ont tenu à faire cette piqûre de rappel.

Prix des denrées qui augmentent

Par ailleurs, la CRAN a attiré l’attention sur la situation des enfants, comme des adultes, qui sont mal nourris. 80% de la population haïtienne souffre de malnutrition. Les enfants ne peuvent pas fréquenter l’école. Au début du mois de décembre, selon les chiffres officiels, seulement 30% des écoles étaient en état de fonctionner. Si quelques écoles réussissent à organiser des classes « en ligne », tout le monde sait que cela ne peut être une solution pour la majorité de la population haïtienne pour diverses raisons. 

Selon la CRAN, les prisons débordent de détenus. « Nombreux sont les décès pour maladie (corona et choléra). La police annonce continuellement de nouvelles arrestations. Si la population carcérale au Pénitencier national était de 3000 au mois de janvier, en décembre leur nombre dépasse 3600. Comme le système judiciaire ne fonctionne pas, la vie dans les prisons doit être infernale », a laissé comprendre cette structure 
Le Premier ministre cherche à négocier (dialoguer), mais il faut bien qu’il admette que son propre règne doit prendre fin. Le manque de résultats obtenus par le Gouvernement et l’absence de transparence sautent aux yeux de tout le monde, a laissé entendre la CRAN.
 
La Justice doit sortir de son sommeil pour prendre son indépendance par rapport à un gouvernement illégitime. Nos avocats et tous ceux et celles qui occupent une position dans le système judiciaire doivent donner preuve de foi dans le pays. 

Ce que CRAN attend du secteur politique 
« Il est temps qu’il trouve une entente sur une série de points qui permette au peuple de vivre. Est-ce que nous ne voyons pas que le problème majeur du pays est notre propre division ? Une transition ne devrait pas durer trop ; la lutte contre l’insécurité demande un plan vraiment efficace. Toute autorité, tout comme les institutions de l’État, doit respecter les personnes, les droits et la vie de tous et de toutes. Les citoyens doivent jouir du droit de se déplacer librement partout dans le pays. 
De même, les partis politiques doivent se préparer pour des élections avec un programme clair qui explique clairement leur vision du pays à l’avenir. Les candidats qu’ils proposent pour une fonction publique doivent être des gens compétents et honnêtes, libres de toute suspicion de corruption ou de connivence avec des groupes armés. » 

Ce que CRAN attend de la communauté internationale 
Nous sommes d’accord avec le système des sanctions annoncées, pourvu qu’elles soient appliquées de façon transparente. La situation du pays ne tolère pas davantage de retards. Ainsi, la CRAN ne comprend pas les hésitations dans l’application des décisions prises. Le Core group, les États-Unis et tous les autres pays ne devraient pas continuer à soutenir un gouvernement de facto qui ne jouit pas de l’appui populaire et qui ne donne pas preuve d’honnêteté. La docilité du Gouvernement à la communauté internationale ne le rend pas plus efficace ou compétent dans sa gouvernance, pense la CRAN 
« Nous n’apprécions guère le comportement de la communauté internationale envers le pays. Trop de décisions ne reflètent que les intérêts et avantages des puissants. Trop de belles paroles restent sans suite. Non, Haïti ne doit pas devenir un état mafieux au service des intérêts d’autres pays dans la région. »  

Ce que la CRAN attend des élites politiques, sociales, religieuses, économiques et intellectuelles du pays 

« Il est temps que les différentes élites du pays, politiques, économiques et autres, mettent l’intérêt du pays avant toute autre considération. Montrez votre amour et attachement pour le pays. Montrez votre amour pour les Haïtiens et vos semblables. Prenez des décisions qui sont en leur faveur », plaide la CRAN.

Parallèlement, les membres de cette structure ont fait savoir que 2022 n’a pas apporté beaucoup, surtout avec le règne des gangs qui s’étend davantage ; avec la justice qui est totalement dysfonctionnelle ; avec l’économie du pays qui se trouve en pleine crise. Quel bilan le Premier ministre aurait-il pu présenter pour faire valoir sa bonne gouvernance, ont-ils questionné ?

« Le carburant est de nouveau disponible à de prix très élevés. Ainsi, le FMI (Fonds monétaire international) peut se réjouir ; mais la situation du pays est catastrophique. L’État n’a même pas la force de faire respecter les nouveaux tarifs que lui-même a fixés, parce qu’il ne s’agit pas seulement de payer les nouveaux tarifs du carburant, mais également le passage aux barrages des gangs. La seule chose qui n’est pas en discussion est le salaire minimal qui reste inchangé dans les ateliers du parc industriel, dans l’administration et du personnel de maison. », 

« Plus de 1400 personnes sont mortes par balles ou armes de poing à travers le pays ; parmi eux se trouvent plus de 50 policiers qui ont trouvé la mort. Sans compter des milliers de gens blessés et traumatisés, les déplacés, les personnes qui ont dû tout quitter ou qui ont tout perdu et qui errent dans les rues. Aucun service d’État ne prend leur cas correctement en considération », peut-on lire dans le bilan.

Vladimir Predvil

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