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Après 26 ans d’existence, la PNH au bord de l’effondrement

Après 26 ans d’existence, la PNH au bord de l’effondrement

26 ans après sa création, la Police nationale d’Haïti (PNH) fait face à l’une des plus graves crises de son histoire. Entre des scandales de corruption, la faiblesse d’effectif conjuguée avec le désistement de certains de ses membres, le banditisme, le manque de moyens et la politisation, l’institution chargée d’assurer la protection des vies et des biens des citoyens a une épée de Damoclès sur sa tête.

Le samedi 12 juin 2021 a marqué le 26e anniversaire de la Police nationale d’Haïti (PNH). En cette occasion, une journée de réflexion a été organisée le vendredi 11 juin à l’intention des membres de l’institution policière dont la mission est d’assurer la sécurité des vies et des biens de la population tout en le servant. 26 ans après, la mission semble être très délicate pour les forces de l’ordre. Léon Charles, directeur général par intérim de la PNH, prenant la parole en cet évènement, reconnait que l’institution policière, qui est encore debout, a un lourd fardeau qui pèse sur son dos. Toutefois, le DG a.i. plaide pour que les policiers agissent avec intelligence tout en utilisant le monopole de la violence légale dans le strict respect de la loi afin d’affronter les gangs armés qui terrorisent la population.

En date du 1er au 7 juin 2021, au moins 9 postes de Police (Martissant, Bicentenaire, Station Gonaïves, Duvivier, Drouillard, Cazeau, Sierra II, Portail St Joseph, Antenne de 3 mains) ont été attaqués par des bandits armés membres du « G9 an Fanmi e Alye », a révélé un rapport du Réseau national de défense de droits humains (RNDDH) intitulé « 26e anniversaire de la PNH : le RNDDH recommande une évaluation en profondeur de l’institution ». Face à cet état de fait, dans son discours du 11 juin, le DG a.i avait annoncé que la PNH n’allait pas rester les bras croisés surtout quand certains sous-commissariats sont sous le contrôle des gangs armés.

Ainsi, en date du 13 juin 2021, le DG par intérim a fait savoir que la PNH a pris le contrôle du sous-commissariat de Portail St-Joseph à la suite d’une opération où certains bandits ont laissé leur peau après des échanges de tirs avec les forces de l’ordre. À en croire M. Charles, d’autres opérations du même genre vont avoir lieu pour reprendre le contrôle des sous-commissariats se trouvant dans la zone de La Saline et de la commune de Cité Soleil. Plus loin, il appelle les policiers à renforcer les mesures de sécurité dans les commissariats où ils se trouvent.

Si l’on peut croire le RNDDH, de janvier à juin 2021, au moins (32) policiers ont été assassinés, soit en moyenne cinq (5) policiers par mois alors que pour l’année 2020 seulement 36 policiers ont été assassinés. Au-delà de ces assassinats, le RNDDH a dénoncé la mauvaise gestion du personnel des unités spécialisées. « L’effectif de la Police nationale d’Haïti (PNH), dit-il, déjà insuffisant est aussi très mal géré par les responsables. En effet, selon les dernières données fournies par l’institution policière, elle compte seize mille (16.000) policiers-ères soit 1.3 agents-tes pour mille (1.000) habitants, si l’on tient compte que la population haïtienne est estimée à douze millions (12.000.000) habitants ».

Outre l’insuffisance de l’effectif, le RNDDH a fait savoir que les estimations « font état état de 60 % du personnel des unités spécialisées de la PNH en détachement avec les autorités étatiques, certains membres du secteur privé des affaires et certains membres du G-9 an fanmi e alye ». Pour l’institution de droits humains, la PNH est politisée et est au bord du « gouffre ». Il recommande d’enquêter sur les assassinats des policiers tout en ouvrant une enquête sur l’utilisation des matériels de police par des bandits armés. Aussi bien il enjoint les membres du Conseil supérieur de la Police nationale de tout mettre en œuvre en vue de reprendre les postes de Police sous le contrôle des gangs armés.

À en croire certaines informations du week-end, 13 policiers haïtiens, dont 3 agents de l’unité spécialisée SWAT et 10 garde-côtes se seraient réfugiés aux États-Unis, alors qu’ils y étaient en transit dans le cadre d’une séance de formation en Guyane. Toutefois, aucune information officielle n’a été communiquée à date sur le sujet. Notons, en date du 26 mai 2021, la Direction générale de la PNH avait fait savoir que certains policiers se sont absentés de leur poste sans motif valable.

Rappelons, Le Sant Karl Levêque (SKL), en date du mardi 27 avril 2021, a rendu public un rapport accablant sur la PNH. D’après le SKL, le banditisme, la corruption et la politisation au sein de l’institution policière peuvent conduire à son effondrement.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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