Haïti en route pour une cinquième année de croissance négative
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La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a révélé des prévisions pour divers pays de la région suite aux divers rebondissements de l’économie mondiale en 2022. En Haïti, une contraction du PIB est attendue pour 2023, soit - 0,7 %. Ce sera une cinquième année de croissance négative où les marchés font face à des effets de politiques monétaires restrictives, des contraintes en matière de dépenses budgétaires et autres.
Malgré les turbulences socioéconomiques et politiques mondiales, des pays de la région ont connu une forte croissance économique en 2022. C’est le cas de la République dominicaine. En août dernier, la Banque centrale de la République dominicaine a publié un rapport qui stipule que l’économie du pays voisin a connu une croissance de 5,5 % entre le mois de janvier et le mois de juillet de l’année 2022. L’indicateur mensuel d’activité économique a enregistré une « variation moyenne cumulée » de 5,5 % sur la période comparée aux chiffres enregistrés au cours de l’année 2021 sur la même période. La Banque centrale dominicaine a pour sa part enregistré des chiffres au cours de ces premiers mois de l’année 2022, indiquant que l’économie de la République dominicaine terminera l’année positivement, en connaissant une augmentation de son Produit intérieur brut. (Dominican today)
En Haïti, les différents rapports de la Banque centrale concernant les retombées économiques ont démontré qu’à tous les niveaux, des crises tant qu’internes et externes ont provoqué une croissance négative de l’économie. « Le quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2021-2022 a été caractérisé par une dégradation du cadre macroéconomique en raison des effets rémanents des chocs négatifs enregistrés au cours des trimestres précédents et de la volatilité de la conjoncture externe et interne, renforçant ainsi les perspectives d’une quatrième année de croissance négative pour l’économie haïtienne », a révélé la Banque de la République d’Haïti (BRH), lors de la publication de la note sur la politique monétaire au quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2021-2022.
Au niveau de l’Amérique latine et des Caraïbes, les pressions inflationnistes induites par la guerre en Ukraine, la faiblesse de la demande externe et le durcissement des conditions monétaires ont affecté les activités commerciales et contraint le FMI à anticiper une croissance plus faible pour cette région, à 2,5 % comparativement au 3 % prévu antérieurement. Parallèlement, la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) a relevé son principal taux d’intérêt directeur à trois reprises durant le trimestre mentionné, ce qui porte à 8,25 % contre 7,25 % un trimestre plus tôt. Cependant en Haïti, l’enlisement de la crise socio-politique et sécuritaire a impacté négativement l’activité économique et a provoqué une accélération de l’inflation qui est passée de 38,7 % en septembre dernier à 47,2 % en octobre 2022.
Pour l’année 2023, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) lance une mise en garde contre une nette dégradation de l’économie de la région. Par contre, pour ses prévisions, la commission table sur une progression du PIB de 4 % pour le Paraguay, 5 % pour le Venezuela et 4,6 % pour la République dominicaine. Le Chili doit s’attendre à une contraction de (-1,1 %), le Brésil, l’une des plus grandes économies de la région, devrait connaître une croissance limitée de 0,9 % en 2023 après 2,9 % en 2022. Le Mexique et l’Argentine devraient respectivement progresser de 1,1 % et 1 %. La Colombie devrait s’attendre à un ralentissement de 8 % en 2022 à seulement 1,5 % en 2023. Uruguay (2,9 %), Pérou (2,2 %) et Bolivie (2 %) navigueraient entre 2 et 3 %.
Dans cette liste, la CEPALC projette une contraction du PIB de -0,7 % à Haïti en 2023. Entre autres, les crises politiques, la rareté des produits pétroliers et la baisse de la production sont des causes directes de cette chute libre des activités économiques en 2022. De plus, le pays fait face à une baisse considérable des transferts provenant de la diaspora, ainsi qu’une baisse des exportations.
Oberde Charles
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