Selon le BAI, l’ONU banalise les cas d’expulsion forcée en Haïti
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Le Bureau des avocats internationaux critique les Nations unies qui, selon eux, ne forcent pas l’État haïtien à suivre les principes directeurs en cas de non-respect des droits humains, tel que stipulé dans les conventions internationales; le cas des personnes vivant à Martissant, forcées à quitter leurs maisons à cause du climat d’insécurité. Lors d'une conférence de presse donnée en ses locaux le 23 juin 2021, le BAI demande aux autorités de respecter les droits de ces personnes.
« On ne peut pas laisser des journalistes, des organisations internationales comme les Nations unies et les États-Unis banaliser la situation des personnes dont leurs droits sont violés en Haïti», déclare le président du Bureau des avocats internationaux. En effet, nombreuses sont celles qui vivaient à Martissant et et Fontamara et dans le camp destiné aux personnes avec un handicap sensoriel, à Delmas 3 au niveau de l’ancienne piste de l’aviation civile, et qui sont expulsées de leur maison malgré elles. Pour Mario Joseph, le terme déplacement utilisé pour parler de ces victimes n’est pas approprié. Ils n’ont pas quitté leur quartier par choix remarque-t-il ». « Quand c’est sous la menace des armes, des événements ou bien des catastrophes qui obligent quelqu’un à se déplacer, on parle plutôt de déplacement interne ou d’expulsion forcée qui est une violation des droits humains », précise l’homme de loi.
Les Nations unies auraient dû dénoncer cette situation, fait savoir Mario Joseph. L'État haïtien pour sa part, signataire de plusieurs instruments juridiques internationaux, dont la Déclaration universelle des droits de l'homme, a aussi le devoir de protéger toutes les victimes, obligées d’abandonner leur maison et s’assurer que leurs droits sont respectés. Cependant, le Bureau international des avocats internationaux critique les traitements reçus par ces gens qui aujourd’hui vivent dans des camps dans des conditions qu’il qualifie d’humiliantes, inhumaines et dégradantes. Aucune disposition n’a été prise pour accueillir ces personnes qui vivent dans des espaces inappropriés.
Selon l’avis de Me Joseph, la fédération de gangs G9 continue d’instaurer un climat de terreur dans le pays à travers les actes de kidnapping, d’affrontement, de pillage, de blocage de routes, d’assassinat, de massacre, d’exécution sommaire, de déplacement ou d’expulsion forcée. Cette guerre entre les gangs, ce n’est que le reflet d’une guerre encore plus profonde entre membres de l’oligarchie économique et du pouvoir dans l’idée de mettre un terme à la bataille de la population contre le système en place, opine Mario Joseph. Il critique également les politiciens qui sont de l’opposition dite modérée et qui prône un départ ordonné comme proposition de résolution de crise. Ces derniers sont à la solde des États-Unis, un pays qui ne veut pas l’émancipation du pays et ne respecte pas le choix de la population lors des élections, accuse-t-il. Il faut l’émergence d’une force nationaliste, progressiste qui pourra assumer les revendications de la population en instaurant une transition avec la mission de redéfinir l’orientation à donner au pays.
Geneviève Rose Murdith Joseph
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