Haïti-protestation
Les villes de province ne décolèrent pas
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Les mouvements de protestations contre le gouvernement en place continuent sur presque tout le territoire national. Depuis le début du mois d'octobre des scènes de pillage ont été signalées dans plusieurs communes telles que : Port-au-Prince, Delmas, Gonaïves et le Cap-Haitien. Une situation qui affecte les activités commerciales et paralyse la circulation dans plusieurs zones. Le bilan des dégâts ne cesse de s'alourdir.
Pour contester la décision du chef du gouvernement Ariel Henry d'augmenter les prix des produits pétroliers, plusieurs milliers de personnes ont foulé le macadam presque sur tout le territoire national. Dans plusieurs villes, des barricades ont été érigées ; une situation qui affaiblit davantage l'économie nationale. Les protestataires continuent de réclamer le départ du Premier ministre Ariel Henry qui, selon eux, est responsable de cette situation de crise.
Depuis, les mouvements de protestation se multiplient. Des scènes de pillage ont lieu presque à chaque sortie des manifestants. Des cas de violences policières et des morts y sont souvent enregistrés.
Contrairement aux autres communes, notre correspondant permanent à Miragoâne, chef-lieu du département des Nippes a signalé que : « les protestataires organisent pacifiquement leurs mouvements populaires. Aucun acte de pression n'a été signalé, à part le sabotage des réseaux de communication par des individus mal intentionnés qui ont débranché les câbles optiques dans une localité de Petit-Goâve appelé « Mache mango ». Certains citoyens se plaignent de ce fait. Également, la pénurie de carburant oblige quelques entreprises à réduire leur service.
Les portes de l’hôpital Sainte-Thérèse s’ouvrent à 8 h puis se ferment vers les 16 h. À cause de la pénurie de carburant, les médecins ne peuvent pas se déplacer la nuit. Ainsi, ils appellent les autorités concernées à prendre une décision pour contrecarrer cette crise.
Pour sa part, Richard Pierre, notre correspondant au Cap-Haitien, a fait savoir que plusieurs entreprises privées ont été dévastées sur le passage des mouvements de protestation.
« Plusieurs centaines de personnes profitent l'occasion pour participer à des scènes de pillage. Du 30 septembre au 5 octobre, Lea Market, Valerio Canez, et un entrepôt ont été dévastés par certains militants, malgré l'intervention des agents de la PNH. Le 10 octobre, lors d'une manifestation, Frantz Jacques un marchand des chips «Papita», âgé de 29 ans, a été tué par deux projectiles ; l'un dans le cou et l'autre dans l'une de ses côtes. Quelques membres de la population dénoncent les agents de la Police nationale comme responsables de cette action. La manifestation a été dispersée par des bombonnes de gaz lacrymogène. En dépit de tout, les manifestants sont restés mobilisés».
Mis à part ces zones, un cas a été signalé aux Gonaïves dans la matinée du 11 octobre. Un hôtel et une station de radio appartenant au ministre de la Défense, Enold Joseph, ont aussi été pillés puis incendiés par des individus de la localité de Jubilé qui ont tout emporté sur leur passage. Sachant que dans la journée précédente, les locaux du Tribunal de première instance ont été pillés dans la commune des Gonaïves.
Veron Arnault
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