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Le Sénat haïtien s'oppose à la décision du Gouvernement de solliciter l'aide militaire internationale

Le Sénat haïtien s'oppose à la décision du Gouvernement de solliciter l'aide militaire internationale

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Haïti est paralysé depuis la décision du Gouvernement de réviser à la hausse les prix des produits pétroliers. Les grèves et les manifestations se sont enchaînées à l'initiative des nombreuses structures du pays pour dire non à cette mesure. La situation s'est aggravée avec la prise de contrôle par les gangs, du terminal de Varreux où sont stockés 70% du pétrole du pays. Impuissant face à cette situation, le Gouvernement haïtien a sollicité le vendredi 7 octobre, le déploiement d’une force armée sur le territoire national. Le Sénat demande à l'équipe gouvernementale de revoir sa décision.

En effet, les réactions ne se sont pas fait attendre suite à cette résolution adoptée par le pouvoir en place. Nombreux sont ceux qui la qualifient de haute trahison à la souveraineté nationale. Dans cette position rendue publique, le tiers du Sénat haïtien la juge incongrue, et considère que le Premier ministre Ariel Henry n'a pas le droit de s'attribuer de telles autorités. Les sénateurs signataires de la résolution soulignent que cette demande viole la Constitution de 1987.

 

Pour ces élus, cette demande s'apparente à une action désespérée d'un gouvernement décrié par la population, qui est en train de manœuvrer en appelant à l'aide les forces étrangères pour faire passer le temps. Fort de ces considérations, et de la nécessité précisent-ils, de rétablir un climat de sérénité afin de créer les meilleures conditions pour instaurer la sécurité sur le territoire et de gérer au mieux la crise humanitaire, les sénateurs demandent au Premier ministreAriel Henry de surseoir immédiatement à l'exécution de la résolution du 7 octobre 2022.

 

Les sénateurs préconisent la reprise des pourparlers entre les différents acteurs, qui a été maintes fois torpillée. « L'Assemblée des sénateurs demande aux forces politiques, économiques et sociales, d'accorder le bénéfice de l'urgence aux discussions en cours afin de dégager un consensus suffisant pour une sortie durable de crise. »

 

 

Par ailleurs, ils demandent à l'Office de la protection des citoyens (OPC) de s'activer en vue de faciliter la distribution du carburant, en travaillant avec des organisations de droits humains. « L'Assemblée des sénateurs demande au protecteur du citoyen de requérir l'expertise des principales organisations qui travaillent dans le secteur des droits humains en vue d'obtenir dès maintenant des couloirs humanitaires qui garantissent la sortie du carburant des terminaux ».

 

En ce qui concerne la majoration des prix de l'essence à la pompe, l'une des causes des mouvements de protestation que connaît le pays, « l’Assemblée des sénateurs demande au Premier ministre Ariel Henry d'accorder un sursis à la mise en oeuvre des nouveaux prix du carburant à la pompe pour soulager les petites bourses et les plus démunis ».

 

Parmi les dix (10) sénateurs restants, seul le nom du sénateur du Nord-Ouest, Kedlaire Augustin, ne figure pas au bas de cette résolution adoptée le 9 octobre dernier. 

 

EsdraJeudy

 

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