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Violence des gangs au niveau de Martissant : à Jérémie les répercussions sont énormes

Violence des gangs au niveau de Martissant : à Jérémie les répercussions sont énormes

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Samedi 26 juin 2021. À dix heures quarante-cinq du matin, le soleil est à son zénith à la rue Sténio-Vincent. Cet espace urbain de la cité d'Etzer Villaire où sont logés les centres commerciaux, quincailleries, banques commerciales et petits détaillants qui écoulent leurs produits en plein air. La route principale s'est métamorphosée en une grande allée pratiquement vide. L'image parfaite d'une ville fonctionnant au ralenti. Habituellement, à ces heures, ce sont les grosses cargaisons qui occupent le bitume tout en imposant une affluence avec des travailleurs faisant des va-et-vient entre les marchandises fraîchement arrivées et les dépôts de stockage.

Un propriétaire d'un centre commercial voulant garder l'anonymat parle d'une situation inédite.

« La dernière fois qu'on faisait face à une pareille situation, c'était après l'ouragan Matthew en 2016. J'ai passé une commande cela fait dix jours, depuis. Mon fournisseur m'a dit qu'il est pour l'instant dans l'impossibilité de livrer au niveau du grand Sud tout entier. Il n'a même pas placé des commandes de l'extérieur, selon ses dires. Il risque aussi de connaître une rupture de stock pendant quelque temps. On devrait attendre que la situation redevienne à la normale ou presque. Les jours passent rapidement et la situation ne fait qu'empirer. Mon dépôt n'a presque rien. Des clients à travers les sections communales de la Grand'Anse m'appellent sans cesse pour passer des commandes et moi je suis dans l'incapacité de répondre à ces exigences » , témoigne-t-il.

Ti blanc est conducteur pour une compagnie assurant le trajet Port-au-Prince - Jérémie.

« Tout a commencé depuis les affrontements entre les camps rivaux il y'a deux semaines. Je suis arrivé de très tôt à Carrefour. Quelqu’un m'a appelé pour me dire que Martissant est bloqué alors que j'étais déjà coincé dans un embouteillage venant de nulle part. Lorsque j'ouvre la radio, une station qui retransmettait en direct les tirs nourris des camps qui s'affrontent. On s'était mis à couvert quelque part en attendant que la situation redevienne plus au moins. Malheureusement, certains passagers sont restés dans le bus jusqu'au lendemain», a-t-il expliqué.

La centrale électrique de Jérémie est dans l'incapacité d'alimenter la ville.

Une semaine durant les heurts entre les camps rivaux, un communiqué de la centrale électrique de la ville avait annoncé aux abonnés une diminution des nombres d'heures d'électricité en raison des incidents affectant considérablement la chaîne d'approvisionnement en carburant. Avant, la centrale fournissait en moyenne dix-huit heures par jour qui allait passer à douze heures. Quelques jours après, la ville a sombré dans le noir, faute de carburant. Une semaine plus tard, un camion-citerne est arrivé avec quelques milliers de gallons qui a permis de maintenir la ville allumée pendant quelques jours. Le vendredi dernier un autre communiqué a annoncé que la centrale ne sera plus en mesure d'éclairer la ville durant les jours à venir en raison du blocage de la route empêchant l'acheminement de carburant.

Anderson Duvert est journaliste et entrepreneur. Lui aussi a livré sa version des faits après avoir sillonné la ville ainsi qu'une partie de la Route nationale numéro sept.

« Les affrontements qui ont eu lieu au niveau de Martissant ces temps-ci ont des impacts significatifs sur le département de la Grand'Anse, que ce soit au niveau du transport et aussi dans le secteur du commerce. Pour le transport, le département est complètement bloqué. Les bus qui étaient sur la route à destination de la Grand'Anse ne veulent pas exposer la vie des passagers. Ceux qui avaient laissé la ville pour Port-au-Prince n'ont pas pu arriver à destination depuis plus d'une semaine en raison de ce conflit au niveau de Martissant. Les petits marchands assistent avec lassitude le pourrissement de leurs produits agricoles.

D'autres faits à signaler : au niveau des quincailleries les matériaux de construction sont en rupture de stock. Les produits de première nécessité sont en forte baisse au niveau des magasins, car les marchandises ne peuvent plus arriver à destination. En ce qui concerne la rareté de carburant, le prix d'un gallon de gazoline valait mille gourdes et même mille cinq cents gourdes dépendamment de la zone. Les motos-taxis ajustent incessamment le prix de la course au niveau des différentes communes au grand dam des utilisateurs qui essaient de revendiquer. Malheureusement, les conflits entre passagers et conducteurs sont inévitables» , conclut-il.

Guelson JEAN-LOUIS

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