HAÏTI-CRISE
Le transport en commun fonctionne toujours au ralenti
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Le secteur du transport en commun fonctionne au ralenti depuis l’éclatement du nouveau mouvement « pays lock » dans le pays. Face à l’indisponibilité des produits pétroliers dans les stations-service, les chauffeurs engagés dans ce secteur ne peuvent pas vaquer à leurs activités et ne savent à quel Saint se vouer dans un contexte où la cherté de la vie ne cesse de perturber le quotidien de leurs familles.
À travers les rues de la capitale haïtienne, les activités reprennent progressivement après plusieurs journées de protestation et de blocage. Alors que le petit commerce, les institutions commerciales et les entreprises cherchent à desservir la population, les chauffeurs affectés dans le transport en commun font face à de grandes difficultés découlant de l’indisponibilité des produits pétroliers dans les pompes à essence.
En date du 19 septembre 2022, les responsables du terminal de Varreux avaient signalé la présence de barricades érigées et des tranchées creusées sur la route d’accès menant à ce centre de stockage de produits pétroliers du pays. Cette situation a rendu impossible la présence des employés, des opérateurs, mais aussi des camions qui devraient s’approvisionner et livrer l’essence dans les stations-service. Les consommateurs ne savent toujours pas quand la distribution du carburant sera possible.
Cette situation est aujourd’hui l’un des facteurs qui affectent davantage le bon fonctionnement des activités dans les rues, selon le témoignage des citoyens. À travers la zone métropolitaine et au niveau du pays, les pompes à essence sont complètement fermées. Cependant, les cris et les revendications de la population contre l’ajustement du prix des produits pétroliers sur le marché demeurent encore. Frank (nom d’emprunt), un chauffeur du transport en commun, qui n’a pas voulu s’identifier, indique que le secteur privé et le gouvernement sont tous responsables de la persistance de la rareté du carburant sur le marché. « Comment pourrait-on comprendre qu’un chef de gang empêche aux camions-citernes de se remplir au terminal de Varreux et les autorités gardent leur mutisme », s’ interroge-t-il ? Selon lui, il s’agit d’une tromperie, d’un acte qui vient contredire les déclarations du chef du gouvernement qui avait affirmé, lundi, qu’il y a une quantité suffisante de produits pétroliers pour l’alimentation du marché.
Pour sa part, Yves, un autre chauffeur assure que l’ajustement du coût de l’essence dans le contexte actuel n’est pas du tout favorable pour les usagers du transport en commun ainsi que les consommateurs. « En moins d’une année, les prix de ces produits ont connu une hausse vertigineuse. Personne ne s’y attendait. Comment seront les prix des trajets lorsqu’un galon de diesel coûte 670 gourdes », confie-t-il. Par ailleurs, il croit que le secteur du transport en commun sera l’une des principales victimes de cette décision. Les passagers seront en colère contre des chauffeurs et n’auront pas assez de moyens pour payer les courses.
Durant cette semaine, la circulation des véhicules est encore fluide dans les rues de la région métropolitaine. Des travailleurs regagnent leurs postes dans les usines à pied depuis le déroulement de ces événements du « pays lock ». Par contre, un retour à la normale des activités est attendu par les citoyens qui espèrent que l’État et les membres concernés du secteur privé des affaires prennent leurs responsabilités en vue de sortir le pays de la crise et résoudre le problème de la pénurie du carburant.
Oberde Charles
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