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Crise en Haïti: la communauté internationale appelle au calme

Crise en Haïti: la communauté internationale appelle au calme

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Les mouvements de protestation qui ont débuté depuis le 13 septembre, suite à la décision du Premier ministre Ariel Henry d’augmenter le prix des produits pétroliers sur le marché national, se sont poursuivis ce lundi 19 septembre 2022 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et plusieurs villes de province. Les diverses manifestations de la population accompagnées d’actes de violence et de pillages ont alerté la communauté internationale. L’ONU et les États-Unis appellent les Haïtiens à mettre fin à la violence et les acteurs politiques à désamorcer la crise à travers le dialogue.

« Les États-Unis condamnent fermement les actes de violence, de pillage et de destruction perpétrés récemment en Haïti et ceux qui ont provoqué ces événements à leurs propres fins. Nous appelons les Haïtiens à exprimer leurs opinions d’une manière pacifique en respectant les acteurs humanitaires et les forces de l’ordre et en permettant aux Haïtiens dans le besoin d’avoir accès sans entrave à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux » a fait savoir l’Ambassade des États-Unis sur son site internet, le 18 septembre.

 

Depuis plus d’une semaine, à Port-au-Prince et dans plusieurs autres villes du pays, c’est le chaos. Des barricades sont dressées dans plusieurs rues empêchant toute circulation et paralysant les activités quotidiennes. Des actes de violence sont également répertoriés accompagnés de scènes de pillages, de casse et de destruction de biens publics et privés. La population étant en colère l’exprime par tous les moyens.

 

Ce 19 septembre, le mécontentement des citoyens semble exacerbé après le discours de Ariel Henry, la veille, appelant les protestataires à garder leur calme et promettant divers programmes d’accompagnement sociaux qui permettraient à la population de faire face à la cherté de la vie. Le gouvernement restant inflexible sur les nouveaux prix des produits pétroliers qui constituent l’une des principales revendications des manifestants.

 

Cette position exprimée par le Premier ministre haïtien est également celle de Antonio Gutieres, secrétaire général de l’ONU, qui, sur plusieurs chaînes françaises, a montré les avantages à soutenir les familles haïtiennes à la place de la subvention du carburant qui bénéficierait plus les distributeurs.

 

« Je crois qu’on devrait subventionner les familles et pas le carburant, ce n’est pas exactement la même chose. Parce que ça permet aux familles d’obtenir les ressources dont elles ont besoin et ça ne se traduit pas dans un bénéfice pour les combustibles fossiles », a t-il déclaré.

 

Entre-temps, la population, qui ne fait pas cas des diverses promesses du chef du gouvernement, maintient le statu quo et réclame notamment de meilleures conditions de vie, la diminution des prix du carburant et le départ de Ariel Henry; ce dernier attribuant les mouvements populaires à des manœuvres qui n’ont aucun rapport avec la montée du coût des produits pétroliers.

 

« Nous continuons d’encourager les interlocuteurs haïtiens à s’entendre sur un accord politique inclusif qui favorisera la tenue d’élections dès que les conditions le permettent. Les Haïtiens à travers tout le pays et de tous les horizons sociaux doivent créer les conditions qui permettront à un gouvernement démocratiquement élu d’entrer en fonction dès que possible », a toutefois, déclaré les États-Unis.

 

L’une des conditions pour la réalisation de scrutins dans le pays est la sécurité pour de nombreux acteurs actifs dans la vie nationale. Antonio Gutieres juge également urgent d’instaurer la sécurité en Haïti au plus vite. Il recommande un programme de formation et de meilleurs équipements à la Police nationale d’Haïti, mais aussi une force étrangère sur le territoire.

 

«  Il faudra avoir dans cette perspective une force robuste capable de mettre fin à l’action des gangs…je crois qu’il nous faut avoir en Haïti dans cette transition de formation et d’équipement de la police qui pour le moment est inefficace, une force qui puisse vraiment mettre de l’ordre dans une ville, notamment le pays, complètement retourné par des gangs.»

 

L’occupant de la Primature, toujours en phase avec la position des États-Unis a fait savoir qu’il est ouvert au dialogue avec les acteurs politiques, du secteur privé et de la société civile. Il a également déclaré aux pays amis d’Haïti que la population haïtienne veut vivre dans la paix, la dignité et la sécurité, ce qui, semble-t-il, passera par l’augmentation du prix des produits pétroliers.

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