Les consommateurs épuisés par la persistance de la rareté du carburant
Au niveau de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, l’affaiblissement du transport en commun dans les rues est l’une des conséquences visibles de la rareté du carburant. Certains consommateurs se disent fatigués de ce problème et appellent les autorités à mettre une fin à cette crise qui perturbe les divers secteurs d’activité du pays.
L’ampleur de la pénurie des produits pétroliers a grossi dans le pays durant ce début de semaine. Les activités du transport en commun ont complètement diminué, ce qui oblige certains travailleurs de la sous-traitance à prendre la route à pied pour se rendre dans leurs activités. Par ailleurs, c’est à travers de grands embouteillages et de désordre que la plupart des pompes à essence arrivent à livrer le carburant aux consommateurs.
Jeannot, l’un des chauffeurs sur place, explique qu’il a passé toute la nuit du 23 août à la recherche du carburant, dans les parages d’une station-service à Pétion-ville. À 11h du matin, il n’arrive pas encore à faire le plein d’essence. « C’est assez pénible le temps qu’on passe ici. Nous, chauffeurs affectés dans le transport en commun, nous n’avons pas d’autres moyens de survie. Trouver l’essence ne devrait pas être aussi difficile. Bien avant l’augmentation du prix de l’essence sur le marché en décembre 2021, on ne s’est pas du tout attendu à une telle crise. On passe des heures et des heures à attendre, sans trouver le carburant » assure-t-il.
Cependant, au niveau de la foule, ce ne sont pas simplement chauffeurs des véhicules qui sont à la recherche du liquide rare. Certains consommateurs, dont des responsables d’entreprises et des professionnels utilisant des outils à moteur, viennent avec le reservoir de leurs génératrices en main. Raphaël, un artisan du fer (ferronnier), témoigne : « j’habite à Jalousie (un bidonville situé dans les hauteurs de Pétion-ville). Pour réaliser mes différents travaux, j’ai besoin de l’énergie électrique. Je dois trouver un peu d’essence aujourd’hui. Je n’ai pas assez de fonds pour acheter la gazoline à 1250 gourdes dans le marché noir. C’est injuste », s’est-il plaint.
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