La responsabilité de pompes à essence dans le marché noir des produits pétroliers en Haïti
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L’activité régulière de remplissage des camions-citernes au terminal de Varreux et les diverses annonces d’arrivée des produits pétroliers par le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) ne suffisent pas pour alimenter en quantité suffisante le marché du carburant. À travers les stations-service, les files d’attente et les embouteillages persistent. Certains consommateurs pointent du doigt l’État haïtien qui paraît incapable de résoudre la crise et dénoncent des pompes à essence qui alimentent le marché noir.
8 heures du matin, à l’angle de la rue Panaméricaine à Pétion-ville, un embouteillage monstre est constaté. La route de Bourdon, l’une des principales voies, reliant Pétion-ville au Centre-ville, est presque bloquée. La circulation des automobiles est difficile d’un coin à l’autre, même le passage des piétons dans ces artères paraît impossible. Ce 17 août, c’est le début d’une autre journée marquée par la persistance de la rareté des produits pétroliers. Des mototaxis, des véhicules de transport en commun et privés, les galons jaunes investissent les stations à essence jusqu’à atteindre la rue Panaméricaine, non loin de la zone de Bourg champagne à Petion-Ville.
Au milieu de la foule, les pompistes sont totalement invisibles. Les bagarres, les expressions de la frustration et les bousculades sont légion. Garo est celui qui mène la danse. Il est, selon les témoignages, celui qui organise la distribution de l’essence. Visiblement, c’est lui qui a le dernier mot. « C’ est un détaillant. Il vend illicitement la gazoline et le diesel dans les rues à Bourg Champagne (Pétion-ville). Maintenant, il ne fait que gérer son commerce. Il n’est pas là pour faciliter la distribution de l’essence comme il le prétend », a martelé l’un des témoins sur place.
D’autre part, Arnold, un chauffeur de transport en commun, raconte qu’il est à la recherche du carburant depuis plus de trois jours. Cependant, la méchanceté de certains pompistes l’en empêche. « Je suis dans cette station-service, depuis 4 h du matin. Il y avait seulement trois véhicules devant. Maintenant, il est 10 h, la station ne fonctionne plus et je n’ai pas eu la chance de trouver de la gazoline », a expliqué Arnold. Par ailleurs, il évoque que c’est la quantité de galons que les pompistes s’amusent à remplir qui rend impossible l’avancée des véhicules pour le plein.
Parallèlement, Josué, un chauffeur de taximo, s’en prend au marché noir alimenté par plusieurs stations-service de la zone métropolitaine. « Ils ne facilitent pas l’accès aux produits pétroliers à des petits consommateurs. Ils distribuent l’essence à des particuliers, aux détaillants des rues », indique-t-il.
Par contre, Arnold croit que c’est l’irresponsabilité de l’État qui provoque la permanence de la rareté de ces produits sur le marché. Il soulève que seule la conscience citoyenne et un mouvement populaire bien organisé pourront permettre à la société de faire face à cette crise pertinente et d’exiger une distribution équitable de l’essence disponible. Pour sa part, Josué conseille aux instances concernées, dont le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et celui du Commerce de faire appliquer la loi du 20 décembre 1946 sur la vente illicite des produits pétroliers dans le pays. Ainsi, il espère que la justice doit agir régulièrement et prendre des sanctions à l’encontre de tous les complices de ce commerce remplis d’abus qui fait tant de mal aux consommateurs.
Oberde Charles
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