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Ariel Henry : douze mois après

Ariel Henry : douze mois après

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20 juillet 2021- 20 juillet 2022, un an depuis que Ariel Henry mène la barque du pays, après l`assassinat du président Jovenel Moïse survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, en sa résidence privée à Pèlerin 5, banlieue de Petion-ville. Ayant été nommé par ce dernier peu de temps avant son départ inattendu, M. Henry a reçu le soutien de la communauté internationale et d`une frange de la classe politique pour continuer d`assurer la gouvernance du pays, malgré la controverse qu`a suscitée son accession à la tête du gouvernement.

Le neurochirurgien, âgé de 72 ans, s'est fait un nom en Haïti au cours de son parcours professionnel, mais n'était pas vraiment connue de la gestion de la chose publique, il s'est emparé des rênes du pouvoir dans un contexte de flou total. Toutes les institutions à vocation de gérer une transition en cas de vide présidentiel étaient dysfonctionnelles ou totalement inexistantes. Et, sans mentionner les multiples crises notamment l'insécurité exacerbée par des cas d'enlèvements répétitifs qui minaient déjà le quotidien de toutes les couches de la population.

Dès son arrivée, il a promis de s'attaquer à ce fléau, un impératif, disait-il, pour faciliter la tenue d'élections au pays, afin de pouvoir au remplacement du personnel politique, ce qui constitue sa principale mission, avait-il indiqué. Sauf que douze (12) mois après les résultats se font attendre. Au contraire, à l'instar de Martissant où les affrontements entre les gangs armés ont fait fuir plusieurs centaines de familles durant la gouvernance de M. Henry, le même scénario s'est répété dans l'entrée nord de la capitale, et à  Frères et Pernier (des localités situées dans la commune de Pétion-Ville).

Face au vide laissé par le départ inattendu du chef de l'État, des structures de la société civile et autres se sont mises ensemble pour proposer des alternatives.  Ainsi plus de 11 accords de sortie de crise ont vu le jour, les uns plus différents que les autres, ce qui n'a pas contribué à faire baisser la tension politique. Face à cet état de fait, des acteurs nationaux et internationaux ont plaidé en faveur d'une fusion de tous les documents.

Pendant ces 12 mois les pro pouvoir, en l'occurrence les signataires de l'Accord paraphé le 11 septembre en la résidence officielle du Premier ministre, et les promoteurs des deux accords les plus populaires à savoir celui de Montana et Pen, se sont empêtrés dans un interminable dialogue. La question d'un exécutif à deux têtes poserait problème, ils reprochent au Premier ministre de faire passer le temps pour continuer à rester le seul chef à bord.

Des citoyens, rencontrés dans la capitale, se montrent très acides à l'endroit du chef du gouvernement. Pour eux, ce dernier est l'égal de son ombre. « Le bilan d'Ariel Henry est nettement négatif, son inaction face aux agissements des gangs a occasionné la dégradation de la situation, avec des groupes armés plus puissants que jamais, qui ne cessent de se renforcer en conquérant plus de territoires et provoquant plus de victimes au sein de la population », a martelé un citoyen.

Ils reprochent au médecin de ne pas prendre en considération les difficultés que confrontent les couches les plus vulnérables de la population.  « Ce monsieur travaille pour son compte et celui de ses patrons dans l'international. Comment comprendre que l'une des premières décisions qu'a prise son gouvernement est d'augmenter considérablement le prix des produits pétroliers dans le pays, ce qui a contribué à compliquer la vie des plus défavorisés, et encore aucune mesure n'a été adoptée pour réduire le coût de la vie qui augmente constamment à cause de l'inflation galopante et la dévaluation de la gourde par rapport au dollar américain » a expliqué un autre citoyen.

Sans assise populaire et contesté, le Premier ministre bénéficie encore du soutien de la communauté internationale qui recommande, cependant, une entente entre tous les acteurs politiques. Sans oublier les doutes quant à l’implication éventuelle du PM dans l'attentat contre le président Jovenel Moïse. Dans un document audio révélé par CNN, on entend un homme, identifié comme étant le juge Garry Orelien, qui était en charge de l'instruction du dossier, parler des relations d'Ariel Henry avec « le moteur, l'initiateur de l'assassinat qui est son ami et complice ».  

Si selon plus d'un, l'insécurité généralisée doit être combattue avec fermeté afin d’aboutir à l'organisation des élections, pour la majorité des citoyens, les dirigeants prennent visiblement leur temps. 

 

             Esdra Jeudy

 

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