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Le commerce des produits pétroliers dans les zones de non-droit

Le commerce des produits pétroliers dans les zones de non-droit

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Depuis quelques semaines, les produits pétroliers sont quasiment introuvables dans les pompes à essence du pays. Partout en Haïti, des petits galons remplis de gazoline et de diesel sont mis aux enchères par des particuliers qui n’ont pas le droit de se livrer à ce commerce. Pour s’approvisionner, les petits détaillants prennent de grands risques. À moto, ils se rendent à Village de Dieu, à Fontamara ou à Carrefour pour se procurer le précieux produit.

Le carburant récupéré dans les divers camions-citernesdétournés par les banditsest vendu pour ravitaillerle secteur informel. Ces produits, rares dans les pompes, interceptés par les bandits alimententle marché noir pour les consommateurs. 

« Moi, pour trouver de l'essence, je me rends à Village de Dieu. À l'entrée, il y a certains hommes armés qui me rencontrent non loin du canal Bois de chêne me disent de ne pas m'inquiéter, nous avons la gazoline et le diesel. Nous vendons la gazoline à 700 gourdes et le diesel à 600 gourdes, vous pouvez l'acheter paisiblement », nous a raconté un des petits détaillants.

Un autre détaillant des produits pétroliers qui, habituellement, passe par Laboule 12, nous raconte que la route est périlleuse, qu'avec la moto et les galons, les risques sont énormes. « À Laboule, certains hommes nous rançonnent durant le trajet. Parfois, le plan ne passe pas tel que nous l'avions prévu. Les bandits cachés dans les coins entre Fontamara et Martissant nous tirent dessus. Assez souvent, nous sommes obligés de trouver le moyen de nous échapper aux balles et à la mort ». 

Par rapport au prix excessif du carburant à travers les rues, ces petits commerçants soutiennent que ça ne dépend pas directement d'eux, mais plutôt des circonstances et des dépenses qui découlent de l'approvisionnement illicite de ces produits. « Nous, ce n'est pas de notre faute de vendre aussi cher le carburant. Nous l'achetons à 700 gourdes, nous payons divers frais et des rançons au péril de nos vies... Après tout ce parcours, nous sommes obligés de les vendre entre 1500 et 2000 gourdes le galon.

Pour sa part, pour éviter les divers dangersliés au stockage des produits pétroliers, Me Jacques Lafontant, le nouveau commissaire du gouvernement près du tribunal de première instance de Port-au-Prince ordonne au directeur départemental de l'Ouest de la Police nationale de rechercher, d'identifier et dépister tous les sites de stockage illicite des produits pétroliers dans sa juridiction et de déférer les coupables par devant la justice pour les suites légales nécessaires; suivant les dispositions du décret du 20 décembre 1946 qui interdit le marché noir et la spéculation de ces produits.

À leurs tours, les petits détaillants contestent cette décision du commissaire, ils disent ne pas ignorer les conséquences graves découlant du stockage de ces produits. Selon eux, il s'agit d'une opportunité, mais aussi d'un besoin pour les consommateurs.  « Si nous ne les vendons pas, comment ils vont le trouver », ont-ils déclaré!

Oberde Charles

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