Pour des citoyens, la nomination d’Ariel Henry ne va rien changer
Malgré les changements au sein du gouvernement, la peur et l’angoisse continuent toujours de hanter les habitants des quartiers populaires d’Haïti. Pour les citoyens, l’arrivée d’Ariel Henry ne va rien changer.
Après avoir accepté la démission, en avril dernier, de son Premier ministre Joseph Jouthe, et nommé le ministre des Affaires étrangères Claude Joseph pour assurer l’intérim, c’est au tour du neurochirurgien le docteur Ariel Henry d’être nommé par arrêté présidentiel de monter et de diriger une nouvelle équipe gouvernementale.
Après une semaine mouvementée entachée par le carnage de Delmas 32 et de Christ-Roi, et surtout après le rapport de l’OEA qui recommande de doter le pays d’un nouveau chef du gouvernement, l’ex-ministre des Affaires sociales et du Travail de septembre 2015 à mars 2016 sous la présidence de l’ancien président Joseph Michel Martelly, comme tous ces prédécesseurs, n’aura certainement pas la tâche facile.
En effet, parler de la capitale haïtienne de nos jours, c’est faire allusion à la peur, au doute, et au scepticisme. Le pays est devenu un enfer à tous les points de vue pour son propre peuple malgré la succession de plusieurs gouvernements, ont martelé des citoyens ce mardi 06 juillet 2021 lors d’un micro-trottoir.
Le spécialiste en neurologie, selon les citoyens de la zone métropolitaine, ne va en rien contribuer au changement de situation de la population haïtienne qui ne fait que végéter dans la misère. Pourtant, d’après le Palais national, Ariel Henry a pour mission d’organiser les prochaines élections générales et aussi rétablir l’ordre dans le pays. Une montagne à grimper !
Selon le chef de l’État : « Ariel Henry devra former un gouvernement d’ouverture incluant les forces vives de la nation résoudre le problème criant de l’insécurité et accompagner le CEP pour la réalisation des élections générales du référendum ».
Membre de la cellule scientifique de gestion de la covid-19, Ariel Henry est diplômé de la Faculté de médecine de l’Université de Montpellier. À 71 ans, il va assumer cette nouvelle responsabilité après celles qu’il a eues en qualité de ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales en 2015. C’est ce que la population, ironique, appelle du « bouyon rechofe » et ne s’attend guère à des résultats probants. Au contraire, des citoyens croient que ce nouveau Premier ministre vient allonger la longue et triste liste de Premiers ministres qui ont défilé à la Primature sans aucune politique publique, pendant que la population haïtienne vit quotidiennement dans l’insécurité totale.
« La situation actuelle du pays est d’une part sociale, avec trop de luttes intestines, et d’autre part, politique. Les dirigeants haïtiens ne se sont jamais montrés à la hauteur de cette lourde tâche, mais au contraire se rallient aux bandits, au détriment de la classe défavorisée », ont fait savoir des personnes interrogées.
Gérard Hirsh Resil
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