L’INFP est « un mastodonte qui fait du mal aux centres professionnels », selon le SESNFP
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L’Institut national de formation professionnelle (INFP) et le Syndicat des employés du système national de formation professionnelle sont à couteaux tirés. Cette situation inconfortable, selon le président du SESNFP, Jean Marie Léveillé , s’est créée après plusieurs tentatives du SESNP près de l’INFP de dépolitiser l’institut et de lui forcer à encadrer les centres professionnels qui sont quasiment inexistants. Lors d’une conférence de presse ce mercredi 6 avril 2022, le directoire du SESNFP n’a pas caché son désarroi en critiquant ouvertement le comportement des autorités, celles de l’INFP en particulier, vis-à-vis de la formation professionnelle dans le pays.
Comme l’exige sa mission, l’INFP doit œuvrer pour maximiser la politique de mise en place du système de l’enseignement professionnel et technique en vertu des prescrits de l’article 26 du décret du 14 mars 1985. Jean Marie Léveillé, président du SESNFP, n’est pas passé par quatre chemins pour dénoncer la politisation de l’Institut national de formation professionnelle au détriment des centres professionnels du pays. Il accuse le comportement du directeur Dickel Delvariste qui, comme tous ses prédécesseurs, n’a rien fait pour valoriser et rendre pérenne les activités au niveau des différents centres polytechniques du pays.
« Dans tous pays, nous savons tous que l’éducation et la formation professionnelle sont les moteurs du changement et du développement durable. Malheureusement, les dirigeants haïtiens n’ont rien fait pour valoriser ces centres, mais au contraire ils ont contribué à la déchéance des centres de formation professionnelle ».
Il dit regretter qu’au niveau des centres professionnels il n’y ait que 90 % du personnel administratif qui soit nommé tandis que les formateurs ne le sont pas.
Plusieurs centres sont confrontés à ce genre de problème comme le centre de Miragoane qui a 34 employés, dont 17 non nommés pour un formateur. Le centre de Meyotte dans la commune de Pétion–ville n’a pas encore ouvert ses portes, mais compte déjà 20 employés en son sein sans même un formateur.
Selon M. Léveillé, l'État haïtien montre par son comportement qu’il n’a plus besoin de techniciens dans le pays, mais de bureaucrates. « On se le rappelle, le pays avait plusieurs centres professionnels qui permettaient aux jeunes de s’occuper et d’avoir un métier. »
En ce sens, les responsables du SESNFP disent avoir déjà eu un entretien avec le Premier ministre pour lui expliquer l’importance de la nomination des formateurs au sein des centres. Il regrette que le chef de la Primature n'ait pas pris en considération leurs revendications et promet, d’ici 15 jours, de passer à une autre phase du mouvement qui est la paralysie du système éducatif dans tout le pays.
Présent lui aussi à cette conférence, le professeur Antony Jean François du centre J.B Damier a fait un ensemble de propositions afin de pallier la mauvaise situation que connaît les centres techniques du pays. Il a plaidé pour une évaluation du système qui est source de décision. M. Jean François a mis l’emphase sur un budget d’investissement pour le bon fonctionnement des centres. À son avis, une école des maîtres est importante afin d’assurer le partage et la continuité des savoirs pour de meilleurs professionnels dans le pays.
Gerard H. Resil
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