HAÏTI / SANTE
Fin de la grève du syndicat de l’HUEH sur fond de mésentente
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La grève entamée, depuis le lundi 21 février par le Syndicat de l’Hôpital de l’Université d'État, a été levée le jeudi 31 mars à la suite d’une rencontre entre les grévistes et les autorités sanitaires, à en croire la présidente du syndicat de l’UEH Evelyne Fremont. Une entente a été trouvée par voie de conciliation, et les syndicalistes promettent, sans donner de délai, la reprise du fonctionnement des différents services dans les institutions sanitaires, particulièrement dans le plus grand centre hospitalier du pays. Cette décision semble ne pas faire l’unanimité chez le petit personnel qui qualifie cet arrangement de suspect.
Après un long arrêt de travail, les activités habituelles de consultations en clinique externe et de prises en charge des urgences, qui avaient été paralysées depuis l’annonce de la grève vont reprendre très bientôt grâce à un protocole d’accord signé entre les syndicalistes et les responsables du ministère de la Santé publique et de la Population.
Satisfait, rassuré, le comité syndical semble trouver, de concert avec les autorités du ministère de la Santé publique et de la Population, une alternative mettant fin à plus de 8 semaines d’arrêt de travail à l’HUEH.
Le petit personnel et d’autres personnes qui fréquentent régulièrement l’espace sanitaire n’ont pas applaudi l’idée de la reprise des activités et accusent les syndicalistes d’avoir la mèche courte.
« Pour ma part, je soupçonnais un quelconque arrangement derrière le dos de nous tous qui soutenons la grève et qui avions fait des sacrifices pour en arriver là. Mais ils ont vendu le mouvement », explique ce quinquagénaire l’air dépité.
La secrétaire générale du syndicat, Marie Louise Alda Bien–Aimée, informe être satisfaite à 50 %, après ce moment d’échanges avec ledit ministère.
« Nous commençons à recevoir du matériel et quelques intrants, ce qui nous enchante tous, car nous voulons que ça soit clair pour tout le monde, la base du mouvement a toujours été une lutte pour de meilleures conditions de travail. L’assainissement de l'espace est une priorité », a lâché la secrétaire d’un air joyeux.
Elle a en outre relaté quelques points d’ombre dans les échanges avec les autorités en promettant de continuer à faire pression sur ces derniers en vue de satisfaire d’autres demandes comme cette l’utilité de la police d’assurance santé et, entre autres, un salaire de base de 60.000 gourdes.
« Nous ne sommes pas des rats d’égouts ». Voici le type de remarque qu’une employée, sous le couvert de l’anonymat, dit entendre des parents des malades qui sont admis à l’HUEH et qui affrontent au quotidien les tonnes d’immondices qui jonchent les couloirs et les salles de l’hôpital.
« Tout le monde vaque à ses occupations tandis que la population continue de moisir dans la crasse. On a l’impression que c’est une forme de chantage lorsque le syndicat dit trouver une entente avec les responsables sanitaires. Nous ne sommes pas contre un dénouement de la crise au sein de L’HUEH, mais nous avons des doutes sur l’entente trouvée entre les protagonistes et les grévistes, explique-t-elle.
Risques en lien au manque d’hygiène dans les hôpitaux
L’hygiène à l’hôpital est une notion d’une extrême importance. Elle englobe un grand nombre de concepts comme la lutte contre les infections nosocomiales, l’antisepsie, et la stérilisation.
Des concepts ignorés jusque-là par les autorités.
Dans ce contexte, ils sont légion ceux confrontés à un risque accru d’infection quand ils se font soigner dans des hôpitaux où les services de première nécessité font défaut, y compris les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement en hygiène et surtout la gestion des déchets médicaux.
Non seulement ce manque de service compromet la sécurité sanitaire des patients et leur dignité, mais il peut exacerber la propagation d’infections comme nous l’avions dit plus haut.
Enfin, souhaitons que ce mouvement, qui a coûté la vie à des enfants durant la grève, aboutisse à quelque chose de concret.
L’appel est donc lancé pour un renforcement et un encadrement stratégique afin de fournir ces services de base dans tous les centres hospitaliers du pays et dire non à l'inaction.
Gerard H. Resil
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