Manifestation contre l’insécurité
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À l'initiative de quelques organisations et partis politiques, plusieurs centaines de citoyens ont investi les rues de la région métropolitaine de Port-au-Prince pour dénoncer la recrudescence des actes d’insécurité, exacerbés par les incessants cas de kidnapping. Un mouvement lancé pour marquer les 35 ans depuis que la Constitution haïtienne a été adoptée.
Avec des pancartes en main sur lesquelles, on pouvait lire « Nou pa kapab ankò », « Ariel ban m sekirite », « Aba kidnaping », très tôt le matin du 29 mars, des citoyens de tout âge et de toutes catégories sociales ont payé de leur présence aux différents points de rassemblement fixé par les initiateurs. « On en a marre des politiciens véreux », scandent les manifestants, dès le lancement de la manifestation, ils se disent exaspérés par la dégradation de la situation sécuritaire et l'inaction des responsables.
Une frange de la classe politique a également foulé le béton aux côtés de la population. Étaient remarqué, entre autres, Clarens Renois, le leader du parti UNIR, le sénateur de l'Ouest Patrice, Dumont. Ils réclament des mesures efficaces et efficientes visant à freiner le phénomène de l'insécurité. Si certains partis et acteurs politiques étaient acceptés, des manifestants se sont montrés particulièrement hostiles par rapport à d'autres partis qui, selon eux, ne sont pas innocents dans la descente aux enfers du pays, notamment le mouvement troisième voie ( MTV)
Les protestataires se sont insurgés par rapport aux comportements jugés opportunistes de certains acteurs politiques, ils ont pointé du doigt les dirigeants du Secteur démocratique et populaire ( SDP) qui, selon eux, ont utilisé la lutte populaire pour satisfaire leurs intérêts personnels.
« Comment des gens, qui se font gracieusement payer pour assurer notre sécurité, arrivent à se regarder dans un miroir, tenant compte des nombreuses victimes d'enlèvements, et les familles appauvries à cause de leur passivité face aux bandits », s'est questionné un jeune. « Nous exigeons la démission du Premier ministre Ariel Henry pour son incapacité avérée à mettre de l'ordre dans la cité », ont lâché un groupe de jeunes.
Si la majorité des gens présents réclamaient la démission du chef du gouvernement, Jean Robert Argant, responsable du Collectif 4 décembre, rappelle que l'objectif de la marche et la priorité de l'heure est le rétablissement de la sécurité sur le territoire, afin que la vie reprenne, et que la population puisse vaquer librement à ses activités quotidiennes.
Les manifestants rassemblés au Carrefour de l'aéroport, renforcés par la branche partant de la Place de la Constitution ont longé la route de Delmas. Craignant d'être victimes d'actes de vandalisme, les magasins sur la route de Delmas ont baissé leurs rideaux.
Arrivés à Delmas 32, heurtés à un fort dispositif de sécurité, ils ont bifurqué par Christ-Roi. Jusqu'à la destination finale, les manifestants ont étalé des détritus et brûlé des pneus usagés sur tout le parcours. Les organisateurs ont délivré leurs messages sur la Place de la Constitution, l'un des points de rassemblement et lieu d’arrivée. Ils considèrent que la journée a été une réussite, ils ont salué le dévouement de la population, et annoncent que des concertations seront entreprises dès demain, pour faire un bilan, et annoncer d'autres activités.
Cependant, la branche de la manifestation menée par l'ancien député de Delmas, Arnel Bélizaire, et ses alliés ont drainé la foule jusqu'au Carrefour de l'aéroport. Somme toute, la manifestation de ce mardi 29 mars s'est déroulée sans accroc majeur, et la police était présente tout au long du parcours.
Si les organisateurs ont clairement déclaré que la marche serait totalement pacifique, les activités étaient au ralenti dans la capitale, très peu d'élèves étaient remarqués dans les rues, certains établissements scolaires ont fermé leurs portes.
Esdra Jeudy
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