L’État haïtien fuit le Centre-ville de Port-au-Prince
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Le Centre-ville de la capitale est devenu le terrain de jeu des bandes armées qui imposent leur loi, avec en toile de fond, des assassinats, des vols, des viols, et surtout d’incessants cas d’enlèvement. Aussi, ces groupes armés se battent pour asseoir leur suprématie et prendre le contrôle de plus de territoire. Des quartiers entiers sont attaqués et des maisons pillées et incendiées.
Conséquence de ce climat de violence qui s’est installé dans plusieurs zones de la région métropolitaine de port au prince, bon nombre d'entrepreneurs ont fermé leurs entreprises, et des centaines de famille ont fui leur domicile. Certaines personnes ont pu trouver refuge chez des proches, dans des écoles, des églises. L'État haïtien semble baisser totalement les bras face à la situation. Pratiquement, toutes les institutions de l'État, se trouvant au Centre-ville, ont du mal à fonctionner.
Ne pouvant pas se rendre à la Primature au boulevard Harry Truman, le Premier ministre Ariel Henry a fait de sa résidence officielle, située à Musseau, son bureau de travail. On se souvient encore de l’installation du gouvernement actuel, programmée à la Primature puis avortée, suite à une pluie de cartouches.
Le Parlement haïtien se trouve également au Bicentenaire. Les dix sénateurs restants parviennent quand même à organiser quelques réunions de travail, mais apparemment selon le bon vouloir des hommes forts de la zone. On a encore en mémoire la dernière tentative du sénateur Joseph Lambert de prêter serment comme président provisoire.La cérémonie a été renvoyée en raison des tirs sporadiques. Et, l’idée de déplacer cette institution à cause de l’insécurité a été maintes fois évoquée par le passé.
Ce qui laisse l’impression queles autorités policières ont tourné totalement le dos à cette partie de la municipalité de Port-au-Prince, car malgré la situation de tension qui règne constamment dans l’entre sud de la capitale, la Police nationale d’Haïti n’a mené aucune opération visant à déloger les bandits, depuis l’arrivée Frantz Elbéà la tête de l’institution. Comme un aveu d’impuissance, en novembre 2021, la PNH avait lancé un programme baptisé « Retour à la plage ».L’objectifvisé était de faciliter la reprise des activités touristiques et de loisirs, à travers la mise en place d’un couloir de sécurité devant permettre aux citoyens de se rendre à la place. Mais seulement dans le nord, alors que le grand sud propose d’innombrables plages et d’hôtels inaccessibles à cause de l’insécurité qui sévit à Martissant.
Et maintenant, pour avoir été victimes de ce fléau, ce sont les avocats qui ont pris la décision, au cours d’une assemblée générale organisée le 11 mars dernier, de ne plus se rendre au Palais de justice, situé au Bicentenaire. Les responsables du Barreau accordent un délai de 15 jours aux dirigeants pour délocaliser cette institution. Si rien n’est fait à la date butoir, ils menacent d’investir les rues. Par rapport à l’inaction des autorités concernées face à la dégradation de la situation sécuritaire du pays, il ne serait pas étonnant qu’un arrêté soit pris pour délocaliser le Palais présidentiel.
EsdraJeudy
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