« Le risque d'une riposte nucléaire russe a augmenté », selon un politologue allemand
Hans-Henning Schröder, chercheur sur l'Europe de l'Est et spécialiste de Vladimir Poutine, évoque le risque d'une attaque nucléaire et la fin de la paix post-soviétique en Europe. Dans une interview (1), il déclare que l’Ukraine n’a malheureusement aucune chance de gagner cette guerre.
Un état des lieux plutôt lugubre. Hans-Henning Schröder est persuadé que depuis 2021, le président russe Vladimir Poutine ne semble plus disposé à faire des compromis. « Il accepterait d’en faire sauf si on lui proposait le contrôle total de l'Ukraine », déclare-t-il.
Quant aux Ukrainiens, ils n’auraient, selon ses analyses, aucune chance de gagner cette guerre à moyen terme. La suite, Schröder la prévoit ainsi : l'Ukraine sera vaincue, le président Volodymyr Selenskyi jugé, tous les acteurs politiques importants en Ukraine poursuivis, assassinés ou envoyés dans des camps.
En ce qui concerne les discussions qui pourraient avoir lieu entre Kiev et Moscou, le politologue doute qu’elles changent la donne, car la partie russe ne les prendrait pas au sérieux. Il en prend pour preuve la posture du chef de la délégation russe, Vladimir Medinskij. « Il s’agit d’une figure médiocre de la politique culturelle qui n'est apparue ni en tant que responsable de la politique étrangère ni en tant que responsable de la politique de sécurité, fait remarquer le spécialiste. Il ne s'agirait certainement que de négociations sur un cessez-le-feu. »
Schröder affirme plus loin que l'invasion russe signifie la fin du système de sécurité européen, fondé par l'Acte final d'Helsinki en 1975 (2) et développé par la Charte de Paris en 1990 (3). L’Occident serait à un tournant de son histoire. « La menace de Poutine d'utiliser des "armes de dissuasion", c'est-à-dire en fin de compte des armes nucléaires, en est la preuve, souligne-t-il. La veille de l'attaque, le 19 février, il a organisé en présence du président biélorusse Alexandre Loukachenko, un exercice "d'armes de dissuasion stratégiques" au cours duquel des armes supersoniques et des missiles de croisière avaient été lancés depuis la mer du Nord et la mer Noire. » Il s'agissait, conclut-il, d'un avertissement à l'Occident. Il pense que la menace doit être prise au sérieux.
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