Gonaïves : le directeur départemental de l'éducation de l'Artibonite Écol Renoit répond au Pr Didier Pierre
Dans un entretien accordé au journal le National, le directeur départemental de l'Éducation de l'Artibonite a tenu à apporter des clarifications et un démenti aux accusations de corruption portées, à son encontre, par le président de la Plateforme des syndicats d'enseignants de l'Artibonite (PSEA). Monsieur Renoit qui se défend son travail accompli à la tête de la direction départementale de l'Éducation de l'Artibonite depuis tantôt quatre ans dénonce l'attitude du syndicaliste qui cherche à ternir son image.
Écol Renoit a estimé qu’il ne souhaite pas répondre à Didier Pierre mais, de préférence, apporter une clarification. Toutefois, il s’est laissé aller pour dénoncer la méchanceté de ses détracteurs: « tout d'abord, je veux apporter une précision sur la question des chèques ou « payroll » PRONEC (Programme de nationalisation des écoles communautaires). Généralement, le ministère des Finances à travers le ministère central opère un virement sur le compte des directions départementales pour payer 44 directeurs, 336 instituteurs et 66 gardiens et ménagères. Vous pouvez constater que les chiffres avancés par le président de la Plateforme syndicale sont faux. D'un autre côté, il a parlé de la question de détournement de plus de 7 millions de gourdes comme étant un fonds que nous avons pris sous forme d'impôt sur le revenu et que ce montant n'a pas été acheminé à la DGI. La première chose qu'il faut retenir, il a indexé le directeur départemental comme responsable de ce détournement. Nous voulons préciser pour la communauté éducative que le directeur départemental de l'éducation de l'Artibonite n'est pas principal ordinateur comme cela a été le cas dans le temps. Le chèque est valide avec trois signatures. La signature du directeur départemental, celle de l'administrateur et la signature du comptable public. Le rôle du comptable est de percevoir les taxes pour l'État. Cela signifie que, lors de la signature du chèque, si le comptable public ne remarque par en chèque séparé l'impôt sur le revenu de ce chèque, il ne va pas le signer. Ceci dit, nous n'aurions pas pu payer les professeurs de PRONEC si nous n'avions pas payé la DGI. Et le chèque, une fois signé, ne va plus revenir au bureau du directeur. Si j'ai besoin d’une copie, je dois aller le chercher au bureau des finances. Autre chose, quand nous avons de gros cas, le baccalauréat par exemple, quelques fois, nous sollicitons un chèque de direction auprès de la BNC, qui à son tour émet le chèque à l'ordre de la DGI. Et le chèque, une fois signé par le comptable public, ne va pas revenir entre nos mains.
« C'est dommage et nous comprenons pourquoi beaucoup de gens (les syndicalistes) ne veulent pas que les enfants aillent à l'école. Pourquoi ne veulent-ils pas que l'école fonctionne normalement ? Car si tout le monde sait lire, il y aura une autre société. À ce moment, des gens qui font la diversion et racontent des mensonges ne vont pas trouver écho auprès de la société. Car, quand on est éduqué, on va rapidement comprendre qu'un directeur départemental ou une administration ne peut pas détourner des fonds comme ils l'ont expliqué. Ce serait trop facile. »
Plus loin, il a tenu à rassurer la communauté tout en mettant en avant son honnêteté. « Nous n'allons par faire honte aux jeunes que nous représentons et nous avons des parents qui nous ont élevés dignement. C'est pourquoi nous respectons tout le monde et en plus nous n'allons pas répéter n'importe quoi pour détruire. Il y a une campagne en cours. Nous savons que c'est ainsi certaines personnes recherchent de l'emploi dans le pays. L'acteur qui a pris la parole dans la conférence, nous connaissons sa position par rapport à tous les mouvements de rues qui ont été organisés pour empêcher à l'école de fonctionner. Ils ont mené un combat au mois de septembre pour boycotter la rentrée des classes et pendant la période du « pays lock ». Ils ont reçu régulièrement leurs chèques pendant qu'ils organisaient des mouvements contre le gouvernement. »
Pour finir, il a fait le point sur le renouvellement de contrat des enseignants du PRONEC, qui devrait être finalisé avant le 31 décembre et pour être acheminés à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. Ainsi, l'ensemble des enseignants ont accepté de payer 1000 gourdes pour avoir la déclaration définitive d'impôt qui est en quelque sorte une nouveauté dans la question de renouvellement de contrat. « Les enseignants ont accepté de payer les 1000 gourdes pour ne pas perdre leur contrat étant donné que le payroll pour la période n'a pas été effectif au moment du renouvellement de contrat. » Il a tenu toutefois à rappeler que les gardiens et les ménagères n'ont rien payé contrairement à ce qu'a annoncé M. Pierre lors de la conférence.
Lesly Succès
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.