Salaire minimum : le gouvernement a tranché
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À l'issue d'un conseil de ministres, organisé le week-end écoulé, le gouvernement a finalement pris une décision sur la question du salaire minimum. À plusieurs reprises, les ouvriers ont gagné les rues de la capitale pour faire entendre leur cri face à l’indifférence des autorités qui, disent-ils, n’ont rien fait pour les soulager alors que la crise du pouvoir d’achat les frappe de plein fouet.
L’arrêté fixant le salaire minimum a été acheminé au journal officiel Le Moniteur en vue de sa promulgation. Selon le document, le salaire minimum des ouvriers, qui réclamaient à travers leurs mouvements de rues 1500 gourdes par jour, est fixé à 625 gourdes. Une décision effective à partir de ce lundi 21 février.
Cela fait deux ans depuis que les salaires n'ont pas été ajustés, alors que la loi traitant la question fait obligation à l'État haïtien de réviser le salaire minimum et de l'adapter en fonction du coût de la vie. En ce sens, l'économiste Eddy Labossière estime légitime et légale la réclamation des ouvriers, suivant la loi de 2006 initiée par le sénateur Steven Benoît.
Avec l'inflation qui a atteint la barre des 25 %, et les prix des produits pétroliers qui ont été considérablement augmentés, l'économiste a indiqué que le gouvernement n’aurait pas dû attendre que ces travailleurs recourent à ces mouvements pour aborder le problème du salaire minimum.
Pour lui, les 1500 gourdes exigées par les ouvriers ne les garantissent même pas la possibilité de vivre au-dessus du seuil de pauvreté. Un salaire de 3000 gourdes, au contraire, pourrait les aider à joindre les deux bouts.
Toutefois, selon l'économiste, il est quasi impossible de fixer le salaire minimum en Haïti, dans la mesure où cette mesure doit tenir compte de la situation des travailleurs, et légalement de celle des entreprises. Les informations sur l'état financier des entreprises ne sont pas disponibles dans le pays, précise-t-il.
Le salaire minimum de 625 gourdes fixé par l'administration en place ne résout pas le problème, et n'améliore en rien la situation des ouvriers, indique M. Labossière. Il déplore le manque d'accès à l'information concernant les institutions financières qui ne facilitent pas une prise de décision équitable.
Néanmoins, en sa qualité de gendarme du marché, M. Labossière invite l'État haïtien à s'impliquer davantage afin de veiller à ce que l'ajustement des salaires ne provoque pas le renchérissement des prix des produits sur le marché.
De leurs côtés, les syndicalistes restent attachés à leurs revendications de 1500 gourdes en plus des avantages sociaux. Ils annoncent la reprise des mouvements revendicatifs en milieu de cette semaine.
Esdra Jeudy
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