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Les acteurs ont quitté la Nonciature sans le consensus espéré

Les acteurs ont quitté la Nonciature sans le consensus espéré

Les acteurs sociopolitiques réunis à la Nonciature n’ont pas abouti à un consensus en vue de la résolution de la crise qui sévit dans le pays. Au terme de trois journées de discussions, les protagonistes sont repartis bredouilles et sans un accord à présenter au peuple haïtien.Les acteurs sociopolitiques réunis à la Nonciature n’ont pas abouti à un consensus en vue de la résolution de la crise qui sévit dans le pays. Au terme de trois journées de discussions, les protagonistes sont repartis bredouilles et sans un accord à présenter au peuple haïtien.

Contrairement à ceux qui soutiennent que la rencontre était un échec, la Présidence défend une position contraire. Au lieu de s’apitoyer sur les conclusions de l’assise, elle apprécie plutôt la démarche. « Parvenir à une conférence où l’on ramène autour de la même table des acteurs avec des idées, des intérêts, des revendications et aussi, de ramener dans cette ambiance toutes les préoccupations populaires, est, pour nous du pouvoir, un pas dans la bonne direction », se félicite le conseiller du président, Jude Charles Faustin qui intervenait autour de la question.

L’ex-parlementaire s’inscrit en faux contre les allégations faisant croire que les signataires de Kinam étaient ceux qui ont entravé le processus. De son avis, ceux du pouvoir et ses alliés sont attachés à un principe : celui de réaliser des réformes en profondeurs dans le pays. Aux dires du représentant du pouvoir, il y a eu consensus autour de la question de la réduction du mandat, mais le point ayant suscité la divergence c’est l’échéance (l’agenda) pour la mise en œuvre de la feuille de route sortie des discussions.

« Nous avons discuté de plusieurs thématiques, dont la nécessité d’une nouvelle constitution adoptée par référendum populaire. Point sur lequel on s’était entendu. Le président en personne, lors d’une petite visite, leur avait dit clairement qu’il n’est pas attaché au mandat, mais à des réformes. Il a ajouté pour dire qu’il attend de la rencontre une feuille de route pour son application stricte à partir d’un agenda réaliste. Tenaces à la logique du départ prématuré, les autres participants ont essayé de forcer un agenda, en réalité, irréaliste », a précisé le conseiller critiquant l’opposition de maintenir la corde raide sans pour autant agir vers la résolution de la crise.

Si la Présidence veut montrer qu’elle n’a pas provoqué l’ajournement de la rencontre, le bloc démocratique sévèrement taclé par l’Alternative consensuelle pense qu’il y a un blocage. Selon Rosemond Pradel, sans vouloir utiliser le terme « bluff », juge que le chef de l’État et ses alliés n’étaient pas sincères. Ils ont fait bloquer le processus de façon expresse. Aux dires du politique, il n’y a aucun problème pour Jovenel Moise de garder le pouvoir durant les deux ans restant, cependant, il doit comprendre que le pays va sombrer dans l’abime. « J’espère que c’est un blocage momentané. Je fais partie d’un groupe. Par conséquent, je pense qu’il serait nécessaire que le bloc reste ouvert à toutes les options : celle de la mobilisation et de la négociation simultanément », confie-t-il.

Quant au représentant de « Mache kontre », Dario Syriack, il réaffirme son attachement à l’Accord de Marriott qui, vraisemblablement, est en passe de partir en mille éclats. Pour le porte-parole de l’OPL, tout allait bien durant les deux premiers jours, l’opposition était prête à continuer de faire des concessions vers le dénouement de la situation. « Nous sommes conscients que le Consensus de Port-au-Prince ne peut pas rentrer en application entièrement. Cependant, le locataire du Palais national, malgré notre bonne disposition, ne montre pas qu’il peut changer la donne dans le sens désiré par la population. Ni lui ni ses proches ne sont pas conscients qu’il y a une crise majeure qui mérite une résolution en urgence. Au contraire, il ne cesse de faire obstacle à toutes les démarches. Il est temps que le chef de l’État sache qu’il est le problème et nous espérons qu’ils vont faire les concessions qu’il faut », soutient le politique.

Daniel Sévère

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