radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Actualité

L’OMS met en garde les pays pauvres, dont Haïti contre une augmentation des cas de cancer

L’OMS met en garde les pays pauvres, dont Haïti contre une augmentation des cas de cancer

Dans un communiqué de presse en date du mardi 4 février 2020, coïncidant avec la Journée mondiale du cancer, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en garde les pays à revenu faible et intermédiaire contre une forte augmentation des cas de cancer pour les deux prochaines décennies. Entre augmentation de l’insécurité alimentaire, diminution du pouvoir d’achat des citoyens, changement des habitudes alimentaires et faiblesse du système sanitaire, les paramètres à maitriser semblent toutefois énormes pour éviter la matérialisation d’une telle prédiction.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est claire dans son communiqué de presse du mardi 4 février 2020 concordant avec la Journée mondiale du cancer. Il est nécessaire, dit-elle, de « renforcer les services de lutte contre le cancer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ». Pour l’OMS, « si les tendances actuelles se poursuivent, le monde connaîtra une augmentation de 60 % des cas de cancer au cours des deux prochaines décennies. C’est dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui enregistrent actuellement les plus faibles taux de survie, que le nombre de nouveaux cas augmentera le plus fortement (+81 % selon les estimations)».

En Haïti, de nombreux paramètres laissent croire que l’on est encore loin d’être à l’abri du cancer. Les habitudes alimentaires des Haïtiens sont de jour en jour en parfaite mutation passant aux aliments et produits naturels aux aliments et produits chimiques. En effet, ce changement n’est pas sans conséquence sur la santé des citoyens. À en croire nombre de professionnels de la santé comme Jean-Claude Magny, Dieudonné Jean-Baptiste, une bonne alimentation peut réduire le risque de cancer. « C’est une vérité scientifique, ce que nous mangeons a un impact sur notre santé », avait fait savoir la ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP) ajoutant que les repas équilibrés sont le meilleur moyen de se protéger contre certaines maladies comme le cancer…

Cependant, avant même d’avoir une bonne alimentation, il y a l’insécurité alimentaire qui fait rage dans le pays. À en croire le Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO), près de 4.1 millions d’Haïtiens seront touchés par l'insécurité alimentaire, entre mars et juin 2020. Des chiffres qui alarment déjà. De son côté, dans son dernier bulletin du mois de novembre 2019, le Conseil National pour la sécurité alimentaire (CNSA) a fait savoir, selon l’analyse IPC réalisé en octobre 2019, pour la période courante allant d’octobre 2019 à février 2020, que 35 % de la population haïtienne a besoin d’une assistance alimentaire de toute urgence.

Pour le CNSA, se référant à l’analyse, « cette hausse de l’insécurité alimentaire est notamment due à une hausse des prix des denrées de base de plus de 22 %, à la dépréciation de la gourde par rapport au dollar d’environ 24 % en glissement annuel, aux troubles sociopolitiques et à la dégradation des conditions de sécurité qui a largement réduit l’accès de la population à la nourriture, soit 3.67 millions de personnes, dont 1.04 million, en urgence ».

Toutefois, pour l’OMS qui prédit que le nombre de nouveau cas de cancer va augmenter dans les pays pauvres, « cette situation s’explique en grande partie par le fait que ces pays ont dû consacrer des ressources sanitaires limitées à la lutte contre les maladies infectieuses et à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant, et que les services de santé ne sont pas équipés pour prévenir, diagnostiquer et traiter les cancers ». L’instance mondiale laisse savoir que moins de 15 % des pays à faible revenu en 2019 affirment avoir disposé des services complets de traitement de cancer.

Pour prévenir les nouveaux cas de cancer, l’OMS propose de lutter « contre le tabagisme (responsable de 25 % des décès par cancer), de la vaccination contre l’hépatite B pour prévenir le cancer du foie, de l’élimination du cancer du col de l’utérus par la vaccination contre le papillomavirus humain (PVH), ainsi que par le dépistage et le traitement, de la mise en œuvre d’interventions à fort impact dans la prise en charge du cancer ».

Par ailleurs, quand on sait la faiblesse hors norme que fait face le système sanitaire haïtien, les paramètres à maitriser semblent de plus en plus énormes afin éviter une telle augmentation dans le pays pour les deux décennies à venir.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Actualité

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre