Dialogue avorté
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Le 11 février dernier, les porteurs de l'Accord de Montana et ceux du 11 septembre, à savoir le pouvoir en place, ont démarré des assises en vue de parvenir à un dénouement favorable à la crise multidimensionnelle que confronte le pays. Ces acteurs, qui étaient à couteaux tirés sur la méthode de résolution de la crise, semblaient s'entendre au moins sur la nécessité de dialoguer.
Des discussions se sont tenues pendant plus de 3 heures en la résidence officielle du Premier ministre à Musseau, le vendredi 11 février. Ces discussions devaient se poursuivre le lundi 14 février. Il s’agit d’un dialogue indispensable pour une issue sans heurt aux troubles sociaux politiques actuels, de l'avis des protagonistes.
Contre toute attente, les porteurs de l'Accord de Montana ont boycotté la réunion. Sur les réseaux sociaux, les réactions des partisans de l'Accord du 11 septembre se sont enchaînées pour réclamer le retour, autour de la table de réunion, des signataires de l'Accord de Montana.
« Les discussions devaient encore se poursuivre aujourd’hui. Les représentants de l’Accord du 11 septembre sont encore sur place. Alors qu'on attendait l'arrivée d’un autre représentant de Montana pour lancer la rencontre, ses collègues qui étaient présents sont partis sans aviser personne », a jugé la Primature, dans un tweet.
Un peu plus tard dans la journée, les membres du Bureau de suivi de l'Accord (BSA), ont évoqué, dans une note, un retard de 25 minutes du Premier ministre, pour justifier leurs départs de la salle de réunion. Ils n'écartent pas la possibilité de poursuivre les pourparlers, toutefois ils posent des conditions.
« Que le chef du Gouvernement en place déclare publiquement surseoir, le temps des
discussions pour la recherche d'un consensus, à la nomination illégale des juges de la Cour de cassation, à la mise en place de son Conseil électoral provisoire, de son Assemblée constituante et de son Autorité de contrôle, autant de décisions qui ne
peuvent être légitimées que par un large consensus.
« Que le chef du Gouvernement en place, au nom de la moralisation de la vie politique, déclare être prêt à répondre à toute invitation de la justice et à faciliter la reprise de l'enquête seule à même de contribuer à lever les allégations relatives à son implication dans ce dossier », recommande le (BSA)
Un espace de rencontre en terrain neutre est également exigé par BSA, pour le déroulement des prochaines discussions. Ces acteurs ne ratent jamais une occasion pour insister sur l'impérieuse nécessité d'une entente entre tous les concernés pour une solution haïtienne à la crise politique. Mais, ils semblent avoir du mal à passer de la parole aux actes.
L’opinion du chef de la Primature, sur les démarches entreprises par les promoteurs de l'Accord du 30 août 2021 et de ceux de Louisiane, est plutôt tranchée. Lors de son adresse à la nation le 7 février dernier, le neurochirurgien a déclaré que « personne n’a l’autorité ni le droit de se réunir dans un hôtel ou à l’étranger pour décider en petit comité de qui sera président ou Premier ministre ».
De leur côté, les mentors de Montana entament ces négociations, avec déjà dans leurs poches un autre Premier ministre et un président, et envisagent un exécutif bicéphale avec un collège présidentiel de 5 membres. Alors que l'entente du 11 septembre préconise un exécutif monocéphale. Une entente semble être compromise pour le moment.
Esdra Jeudy
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