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SPNH : le Haut état-major a mal abordé la question, selon Youri Latortue

SPNH : le Haut état-major a mal abordé la question, selon Youri Latortue

Le haut commandement de la PNH vient de mettre à pied pas moins de quatre policiers de son effectif. Ce, pour dérogation à la loi à la suite d'une marche pour réclamer, entre autres, la formation d'un syndicat au sein de l'institution. Pour le sénateur de l'Artibonite, Youri Latortue, le haut état major a mal abordé la question et, par conséquent failli à sa responsabilité.

Les débats autour de la formation d'un syndicat au sein de la PNH suscitent des controverses. Les commentateurs qui opinent cette velléité des agents de l'ordre n'émettent pas des opinions qui font l’unanimité. De la légalité ou de la nécessité d'une telle exigence, les positions provoquent la polémique. Accrochés à leur revendication, les policiers ont marché dans la capitale le lundi 17 février en cours et, au terme de la journée plusieurs stands au Champ-de-Mars sont partis en fumée. À chaud, plusieurs policiers furent révoqués par le DG-PNH.

À ce niveau, le débat a pris une nouvelle proportion. Pour le sénateur de l'Artibonite, Youri Latortue, les responsables de la PNH ont mal abordé le problème. Selon le leader du parti AAA, ces policiers en question n'ont pas commis d'indiscipline personnelle. Ils ne font que porter les revendications de toute une équipe mal entretenue qui pourtant supporte à elle seule toutes les charges sécuritaires du pays. « Ce qui arrive aujourd'hui est la résultante d'une frustration énorme qui ravage l'institution depuis longtemps. Par manque de dextérité et faute de leadership, la plaie s’est ouverte », fait savoir l'élu de l'Artibonite dénonçant toute fois une sorte d'hypocrisie de certains membres du corps qui préfèrent se murer dans le silence alors qu'ils appuient de façon sournoise ce que les protestataires revendiquent.

Le sénateur ne pense pas que la revendication des policiers soit injuste. Cependant le momentum n'est pas propice. Selon Latortue, il aurait fallu que les dirigeants, au lieu d'utiliser les moyens forts, expliquent aux protestataires les raisons les empêchant de monter un syndicat pour l'heure en les demandant avec sagesse à partir d'un délai clairement établi, d'ajourner le projet en attendant la réunion de toutes les conditions. Au lieu de ce chemin, ils jouent la carte de la provocation, croit-il, en interpellant et révoquant par un coup de tête des gens qui ont pris leur courage de rapporter les désidératas du groupe.

« La PNH est sur le point de s'éclater. Elle est la seule force opérationnelle du pays, la loi fondamentale de la nation. Il est inconcevable qu'elle disparaisse. Les problèmes sont profonds. Les agents vivent dans la crasse. Il se pourrait que l'État ne soit pas en mesure, pour l'heure, de redresser la barre salariale, cependant, il pouvait faire un effort en ce qui à trait aux accompagnements sociaux et, dans un délai raisonnable, adresser la question du salaire misérable », opine le membre de l'opposition institutionnelle déplorant toutefois l'impossibilité presque confirmée pour les victimes de faire recours. « Administrativement, ils n'ont aucun recours possible sinon la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) », regrette l'ancien conseiller de Michel Martelly arguant que la PNH est, pour le présent, sans moral.

De l'insécurité

Réagissant à la déclaration du président pointant du doigt l'opposition politique dans la résurgence du phénomène du kidnapping dans le pays, M. Latortue dénonce l’amateurisme du locataire du Palais national. D'après le parlementaire, Jovenel Moise a agi comme un vulgaire personnage en prononçant des accusations dont il est incapable de prouver leurs véracités. Celui qui a présidé la première commission sur le dossier Petrocaribe invite le garant de la bonne marche des institutions à se montrer plus responsable.

Par ailleurs, l'ex-président de l'Assemblée nationale déplore que le phénomène du kidnapping, tel qu'il se présente à l'heure actuelle, soit devenu plus dangereux, car, dit-il, il n'est plus référentiel, mais généralisé. Pour lui, cette situation est le corollaire de la mauvaise gestion des autorités de l'État qui, pour des raisons politiques, avaient armé des gangs qui sont en train de tourner leurs armes contre la population. « Maintenant, ils sont livrés sans mission, ils font usage de leurs armes pour survivre. À ce moment de la durée faut-il bien que l'État s'assume, fasse son mea-culpa et commence à interpeller certains grands fournisseurs pour tracer des exemples», a conseillé le responsable politique.

Daniel Sévère
 

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