Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince condamne l’attaque dirigée contre le cabinet de Me Madistin
Le cabinet de l’ancien candidat à la présidence, Samuel Madistin, a été l’objet d’attaque, le mercredi 19 février lors d’une marche policière pour exiger, entre autres, la liberté syndicale. Condamnant l’incident, le bâtonnier de l’ordre des avocats, Monferrier Dorval, qualifie d’intolérance et d’atteinte à la liberté d’expression ces actes ciblant un des avocats du barreau.
Le barreau de Port-au-Prince, à travers son bâtonnier, condamne avec la plus grande fermeté l’attaque conduite sur le cabinet de l’un des avocats du barreau, Me Samuel Madistin. Ce dernier serait victime de sa position sur le sujet actuel, à savoir la nécessité ou non de la liberté syndicale au sein de l’institution policière. M. Dorval qualifie d’intolérable la situation qui sévit dans le pays tout en dénonçant l’intolérance des manifestants qui n’ont pas voulu admettre des opinions contraires à leurs revendications.
Pour le professeur, c’est une atteinte grave à la liberté d’expression. Aux dires du constitutionnaliste, l’État n’existe plus dans ce pays, encore moins les autorités devant faire fonctionner la machine étatique. « Ce n’est pas normal ce qui est en train de se produire. Il faut que l’État s’assume, mais le DG-PNH doit aussi montrer son leadership », appelle l’avocat qui demande aux protestataires de respecter la liberté des autres.
Le bâtonnier n’a aucune objection à la revendication des policiers perturbateurs. Selon lui, ils réclament ce qui leur revient de droit, en l’occurrence la liberté syndicale ; cette prérogative, définie par la Constitution, a fait savoir le numéro un de l’ordre des avocats. « Je revendique le droit syndical des policiers », clame-t-il.
Au regard de l’ampleur prise par la situation, l’homme de loi, au nom de l’institution qu’il dirige, lance un appel au calme. Pour lui, il n’est pas humain que les policiers continuent de vivre dans cette aigre situation, cependant, dénonce-t-il, les policiers n’ont pas non plus le droit de se verser dans le désordre. « Le syndicat protège les doits des employés, mais n’accorde pas pour autant aux revendicateurs de perturber l’ordre.
Plus loin, M. Dorval appelle le DG-PNH à se mettre à l’écoute des protestataires. Par ailleurs, il invite les policiers à ne pas s’attaquer aux hommes de loi. Évoquant le principe de la hiérarchie, le bâtonnier, appelle les policiers à respecter le cadre déontologique du métier. Il a plaidé aussi pour l’établissement de mécanismes pouvant aider les policiers qui peuvent estimer leur droit lésé d’interjeter appel.
Daniel Sévère
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