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« Les bandits ont l’impression de gouverner», selon le criminologue Eddy Paul Fleurant

« Les bandits ont l’impression de gouverner», selon le criminologue Eddy Paul Fleurant

« Insécurité et criminalité généralisée : les mesures à adopter », tel a été le thème attribué à un segment à l’émission radiophonique hebdomadaire TOP HAITI, en son édition du samedi 15 février 2020. Eddy Paul Fleurant, spécialiste en criminologie, avocat militant, secrétaire général a.i du Jeune barreau de Port-au-Prince et professeur de droit à l’Université, et Stanley Augustin, juriste, sociologue et auteur de l’ouvrage titré « Repenser le Parlement haïtien » ont été les deux panélistes requis pour le sujet.

Paul Eddy Fleurant explique la criminalité en relation à l’enlèvement de personne — communément qualifié de kidnapping — et ses corollaires par l’existence de milieux de non-droits où les citoyens vivent à la merci des bandits. « Les bandits ont l’impression de gouverner et de savoir que tout tourne autour d’eux. Ce sont eux qui édictent les lois », précise le criminologue. Selon lui, le kidnapping est devenu une activité d’État, en ce sens que l’État se trouve être de connivence avec les bandits. « L’État encourage les crimes au lieu de les combattre. Il connait les munitions appartenant aux gangs, leurs zones de domiciles, leurs noms, mais ne les traque pas », renchérit Eddy Paul Fleurant assimilant cette attitude à une velléité de ne pas combattre le phénomène du banditisme dans le pays.

Le professeur Fleurant fait croire que plus les bandits persistent dans leur cruauté, plus ils montrent leur force et gagnent puissance. Dans d’autres pays comme la Norvège et le Canada, soutient-il, les bandits, considérés eux-mêmes comme des victimes aussi, sont prises en charge aux fins d’une reconversion. « Ces pays aussi ont des textes de loi adaptés au phénomène de crime. Ils emmènent le criminel à se conscientiser sur sa situation », précise-t-il. Une démarche sérieuse pour les gouvernants de trouver un accord de sortie de crise entraînant une stabilité se profil comme la solution idoine au kidnapping, dit Me Fleurant.

De son côté, Me Stanley Augustin pense que l’État perd le total contrôle de la cité. Le kidnapping est l’un des nombreux phénomènes graves faisant partie de la criminalité en gestation dans le pays au fil de ces dernières années. « C’est la responsabilité de l’État d’assumer ses rôles régaliens ainsi que de celle des institutions de la société civile et des agents sociaux », propose Me Augustin.

Godson LUBRUN

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