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Élections américaines : Sanders, le prochain locataire de la Maison-Blanche ?

Élections américaines : Sanders, le prochain locataire de la Maison-Blanche ?

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Les présidentielles américaines prévues pour le 3 novembre 2020 débutent pour de bon avec les primaires du Nevada pour les candidats à l’investiture du parti démocrate. Quelles sont les chances des uns et des autres ? Analyse des tendances sur le terrain !

Pour obtenir l’investiture démocrate, les candidats doivent décrocher 1991 délégués à la fin du processus électoral interne du parti. Celui qui remportera le plus grand nombre de délégués aura le droit d’être le candidat officiel du parti aux présidentielles qui se tiendront dans moins de neuf mois.

La course s’annonce donc longue et ardue. Elle se tiendra en deux temps : l’investiture et la campagne électorale proprement dite au cours de laquelle les candidats des partis républicain et démocrate vont partir à la conquête des électeurs sur l’ensemble du territoire américain.

En ce qui concerne la campagne pour l’investiture au sein du parti républicain, les jeux sont déjà faits puisqu’on sait déjà que c’est Donald Trump qui va briguer de nouveau le poste de président des États-Unis d’Amérique du Nord pour les quatre prochaines années.
Mais du côté du parti démocrate, la messe n’est pas encore dite, même si tous les sondages donnent Bernie Sanders (78 ans) comme favori face à ses rivaux, Michael Bloomberg (78 ans), Joe Biden (77 ans) et Elisabeth Warren (70 ans).

Après ses succès successifs dans l’Iowa et le New Hampshire, Sanders dispose au départ de 21 délégués sur les 1991 nécessaires à l’investiture comme candidat officiel lors de la Convention nationale du parti démocrate à Milwaukee. Mais le véritable « starting-block » de cette très longue course reste les primaires du Nevada. À la carte, 36 délégués que se sont partagés les six prétendants.

Tous les sondages donnent Bernie Sanders comme le grand gagnant de ce Caucus puisqu’il rafle 30 % des votes démocrates au moins de cet État du sud-ouest des États-Unis. Joe Biden arrive en deuxième position avec 18 % des voix.

Bernie Sanders est assuré de gagner 19 délégués, ce qui lui a permis d’afficher, le 22 février dernier, 40 délégués au moins à son compteur. Mais la course ne fait que commencer et elle sera très ardue pour le sénateur du Vermont, même si tous les sondages, grand paradoxe, le plébiscitent.

Le 29 février prochain, il devra de nouveau affronter ses rivaux démocrates lors des primaires de la Caroline du Sud, un État où Joe Biden fait figure de grand favori, car soutenu par les minorités ethniques et les Afro-américains. Mais aux dernières nouvelles, la donne semble avoir changé dans cet État du sud en faveur de Bernie Sanders. Décidément, ce dernier a le vent en poupe.

Ce qui n’est guère étonnant étant donné que Sanders appartient à l’aile gauche du parti démocrate, ce qui semble susciter à n’en pas douter davantage d’enthousiasme. Son orientation politique, il la qualifie de « socialisme démocratique » où se marient économie de marché et services sociaux assurés par l’État, à la manière des démocraties européennes. Représentant de l’aile centriste, Joe Biden a toutes les peines du monde à résister à cette vague gauchiste.

Certains observateurs estiment que cette déferlante progressiste va bénéficier finalement à Donald Trump. Mais on peut en douter, car en 2016, l’homme de Mar A Largo avait fait déferler lui aussi, à sa manière, une vague populiste au sein du parti républicain, en emportant au passage tous les hiérarques de ce parti, c’est-à-dire ceux-là qui représentent la droite conservatrice bon teint, tout particulièrement le clan des Bush.

Quatre ans après, Bernie Sanders va-t-il renouveler cet exploit en procédant à une offre publique d’achat (OPA) au sein de ce parti ? Tout semble l’indiquer à première vue. D’ailleurs après le Caucus du Nevada, le représentant de l’aile social-démocrate s’apprête non seulement à empocher le 29 février la Caroline du Sud où Joe Biden était pourtant le grand favori il y a encore une semaine, mais aussi les 15 États en lice le 3 mars prochain à l’occasion du fabuleux super tuesday. D’après tous les pronostics, Bernie Sanders pourra faire le plein de délégués lors de cette soirée et particulièrement en Californie où il aura toutes les chances de s’emparer d’un seul coup de 192 délégués. Bernie le socialiste ou le « tonton flingueur » ratisse donc large, que ce soit dans le sud des États-Unis, en Nouvelle-Angleterre, au Texas ou en Californie.

En tout cas, ses rivaux du camp démocrate ont affaire à très forte partie. Contrairement à 2016 face à Hillary Clinton, il ne fera plus de cadeaux et on pourrait même dire que ce sera « Gun fight a OK Corral ». Cette campagne électorale américaine de 2020 promet d’être particulièrement excitante et riche en rebondissements. Alors, attachez vos ceintures, car cela va secouer très fortement sur le vol Air America 2020 !

Azad Belfort
Consultant / Spécialiste en relations internationales
 

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