radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Actualité

Le caractère pléthorique du gouvernement de Joseph Jouthe

Le caractère pléthorique du gouvernement de Joseph Jouthe

Le 3 mars dernier, un nouveau gouvernement a été installé en Haïti. Près d’une trentaine de personnalités composent ce gouvernement, dont 19 ministres et 9 secrétaires d’État. Mais au regard de la loi du 4 octobre 2006, fixant le nombre de ministères à 18 en Haïti, ce gouvernement serait illégal.

Le chef de l’État haïtien, Jovenel Moïse, a pu, sans aucune contrainte, installer son gouvernement. Ce qui fait qu’en trois ans seulement, le chef de l’État a composé 5 équipes gouvernementales. Mais cette dernière, dirigée par Joseph Jouthe, a innové en nommant un ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la citoyenneté et du patriotisme. Pourquoi un ministre délégué chargé de la citoyenneté et du patriotisme alors qu’il y a déjà un ministère responsable de l’Action civique dans le pays ? Ce portefeuille ministériel n’est pas prévu par la loi. Donc, ne serait-il pas plus économique de laisser ce volet de citoyenneté et patriotisme sous la responsabilité du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) ?

À date, les lois haïtiennes ont fixé le nombre de ministères à 18. À savoir, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAE), le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), le ministère des Travaux publics Transports et Communication (MTPTC), le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), le ministère du Tourisme et des Industries créatives (MTIC), le ministère de l’Environnement (ME), le ministère de la Jeunesse des sports et de l’Action civique (MJSAC), le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF), le ministère de la Culture et de la Communication (MCC), le ministère de la Défense (MD) et le ministère des haïtiens vivant à l’étranger (MHVE).

Par conséquent, monter un gouvernement sans tenir compte du prescrit de la loi qui estime que le nombre de ministères en Haïti ne peut être supérieur à 18 rend automatiquement ce gouvernement illégal. La présence d’un ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la citoyenneté et du patriotisme au sein de ce gouvernement n’a pas été prévue par la loi. Cette rubrique devrait être logiquement gérée par le MJSAC compte tenu du contexte difficile que traverse le pays sur le plan économique. La situation économique du pays ne permet pas de satisfaire le luxe de doter la République d’une trentaine de ministres et de secrétaires d’État. En plus des 19 portefeuilles ministériels, ce nouveau gouvernement comporte au moins 9 postes de secrétaireries d’État. Vu le contexte actuel, la majorité des postes de secrétairerie d’État ne sont pas réellement obligatoires.

Le pays traverse une période d’urgence économique. C’est une réalité pour tout le monde, et le président Jovenel Moise l’avait lui-même déclaré en février 2019. Et sous son règne, le pays a déjà connu une catastrophe économique. Sous le premier gouvernement de son administration, celui de Jack Guy Lafontant, le chef de l’État avait adopté des mesures permettant de réduire le train de vie de l’État. La reconsidération des critères d’application des exonérations fiscales et douanières, voyage en classe économique des grands commis de l’État, reconsidération et publication des barèmes d’allocation journalière, l’achèvement des complexes administratifs afin d’éviter les dépenses de loyer sont, entre autres, les mesures qui ont été adoptées en avril 2017 afin de rationaliser les dépenses de l’État dans le contexte d’urgence économique.

Par conséquent, peut-on conclure que le pays a déjà traversé le stade d’urgence économique et que l’État n’a plus besoin de rationaliser ses dépenses ? Aujourd’hui, au lieu de diminuer, le chef de l’État augmente le nombre de ses ministres et secrétaires d’État. Chaque portefeuille ministériel et poste de secrétairerie d’État a besoin de ressources humaines et financières pour fonctionner. Logiquement, les dépenses du gouvernement vont augmenter. Pourtant, aujourd’hui, l’administration de Jovenel Moise a plus que jamais la nécessité d’adopter des décisions concrètes pouvant donner souffle à l’économie nationale, et permettre l’utilisation des maigres ressources de la République selon les besoins réels de la population.

Evens REGIS

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Actualité

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre