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La guerre des accords

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Les structures signataires de l’Accord unitaire de Louisiane, dans une note de presse publiée le 1er février, ont informé l'opinion publique qu'ils se sont détachés de l'économiste Fritz Alphonse Jean, alors qu'il l'ont préalablement désigné pour conduire la transition.

Les porteurs de l'Accord de l'Accord unitaire de Louisiane expliquent ce revirement par le fait que l'ancien gouverneur de la Banque centrale n'accorde pas trop importance à ce regroupement « L’Accord unitaire de Louisiane constate et prend acte que Fritz Alphonse Jean, pendant tout le processus ayant abouti à sa désignation par les signataires de Louisiane, n’a pas embrassé le choix porté sur sa personne pour servir le pays au plus haut niveau de l’État. En conséquence, conformément à l’article 7 dudit accord, l’assemblée se voit dans l’obligation de renoncer au choix de M. Fritz Alphonse Jean», lit-on dans la note de presse.

Jean Wilson Hippolyte, ancien député et porte-parole officiel de l’Accord unitaire de Louisiane, a été choisi à l’unanimité pour représenter désormais le groupe dans toutes les discussions politiques avec les autres acteurs travaillant pour une sortie de crise consensuelle avant la date butoir du 7 février 2022, a poursuivi la note. Une décision qui surprend plus d'un, quand l'issue des élections tenues le 30 janvier dernier Fritz Alphonse Jean a été désignée également par les instigateurs de Montana-Pen pour prendre les rênes de la transition de 24 mois.

Selon Armand Joseph Jules, le représentant de « Matris liberasyon » au sein du Conseil national de transition (CNT), les acteurs de l'Accord unitaire Louisiane travaillent aux profits de l'ancien Premier ministre Laurent Lamothe. Ce dernier qui serait piloté, à son tour, par l'ancien président des Etats-Unis Bill Clinton. Le militant politique salue la décision du président désigné Fritz Alphonse Jean de ne pas se laisser entrainer dans ce jeu. Selon M. Jules, ces hommes travaillent au détriment du pays, et ne sont pas en faveur d'une résolution pacifique de la crise.

Alors qu'on avance à grands pas vers la date fatidique du 7 février, les violons ne sont toujours pas accordés entre les différents acteurs,  depuis les scrutins ayant désigné Steven Irvenson Benoit comme Premier ministre et Fritz Alphonse Jean comme président, c'est le calme plat. La suite est assez incertaine. Si l'Accord de Montana semble bénéficier de la sympathie d'une grande frange de la classe politique et de la société civile, les promoteurs ont encore du travail à faire pour convaincre l'international.

S’exprimant lors d’une rencontre, le 31 janvier dernier, avec des journalistes, la cheffe de la délégation de l’Union européenne en Haïti, Sylvie Tabesse, se dit en faveur d'un accord inclusif en vue d'une résolution de la crise haïtienne. Elle prône le retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections qui doivent avoir lieu quand les conditions seront réunies, a-t-elle précisé. Mais pour la diplomate les accords sont déconnectés de la réalité. Ce qui laisserait supposer que la communauté internationale ne voit pas en eux des initiatives pouvant résoudre la crise multidimensionnelle qui ronge le pays.

 

Esdra Jeudy

 

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