Libération des prisonniers : la société doit être vigilante
Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Lucmane Delille, a annoncé, vendredi dernier, un plan de libération de certains prisonniers en vue d’atténuer les dégâts éventuels du coronavirus au niveau des prisons. Face à cette décision, la société doit être vigilante en vue d’empêcher de procéder à la libération des individus nuisibles à la population haïtienne.
Cette affaire de libération des prisonniers est aussi le souhait de l’Organisation des Nations unies (ONU). La haute-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Michelle Bachelet, avait appelé, mercredi 25 mars, à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que la pandémie de Covid-19 ne fasse des « ravages » dans les prisons souvent surpeuplées.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait aussi exhorté les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention, en libérant par exemple, les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible pour la société.
Des précisions ont été données par ces structures de l’ONU, concernant ce procédé, et que ce sont uniquement des individus aux dossiers légers, les personnes âgées qui doivent être libérées par les autorités judiciaires. Et ce n’est nullement une recommandation, un pays n’est pas tenu de l’appliquer, c’est-à-dire, de libérer des prisonniers sans jugement ou encore des condamnés qui n’ont pas encore fini de purger leur peine.
Mais, pourvu qu’il soit difficile de rester dans les normes pour l’instant, une main levée peut être accordée à des innocents qui croupissent dans des centres carcéraux en Haïti, notamment au Pénitencier national. Par contre, en matière de libération des prisonniers, cela craint pour Haïti. Des autorités qui sont de connivence avec des bandits armés, chefs de gang ou personnes emprisonnés pour kidnapping, pourraient profiter de ce moment pour ordonner la libération des individus nuisibles à la population.
Les leaders haïtiens sont déjà en action. Le commissaire du Gouvernement, Jacques Lafontant, a annoncé, ce lundi, un ensemble de critères, 11 au total, discutés avec le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), la société civile, le Bureau de l’assistance légale (BAI). Des critères pouvant permettre à un prisonnier de bénéficier de cette gratification. Mais, en dépit de tout, la société doit rester vigilante par rapport à cette décision.
En cette occasion, le Gouvernement promet de libérer certains prisonniers dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. Le ministre de la Justice, Lucmane Delille, a informé d’une séance de travail avec les commissaires du gouvernement auprès des tribunaux de Première Instance dans les 18 juridictions du pays. Ainsi, il a instruit les chefs de parquet à lancer les procédures légales en vue du désengorgement de certaines prisons en Haïti, précisant qu’il s'agit de prisonniers accusés de délits mineurs.
Toutefois, il a précisé que les vols à l'étalage sans blessures peuvent être considérés comme des délits mineurs, et que les criminels notoires notamment les kidnappeurs, les assassins et les violeurs ne pourront pas bénéficier des dispositions spéciales. Ces bandits, dit-il, qui font du tort à la société doivent demeurer dans les centres carcéraux pour purger leurs peines. Mais on sait pertinemment que c’est une déclaration faite pour la galerie. Quand un ayant droit décide faire libérer un individu, les pouvoirs du commissaire et du ministre de la Justice sont souvent trop faibles pour l’empêcher.
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