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État d’urgence sanitaire : toutes les mesures ne sont pas respectées

État d’urgence sanitaire : toutes les mesures ne sont pas respectées

19 mars dernier, une adresse à la nation du chef de l’État haïtien, Jovenel Moise, portée sur la présence du coronavirus en Haïti, a déclaré l’état d’urgence sanitaire sur tout le territoire national. Accompagnée d’un ensemble de mesures, cette décision, selon le président, devrait aider à minimiser les risques de propagation du Covid-19. Pourtant, la période d’état d’urgence touche à sa fin (dans moins de 72 heures), et le pouvoir n’a pas réussi à réaliser aucune de ses promesses ni faire respecter toutes ses décisions.

Suite à la confirmation des premiers cas de coronavirus en Haïti, un train de mesures susceptibles de minimiser le risque de propagation du virus Covid-19, étaient sont annoncées. Environ un mois après, les actions d’accompagnement indispensables à l’applicabilité de cette décision qui a changé la vie des Haïtiens n’ont jamais été concrétisées. Comme première décision, les dirigeants ont annoncé avoir effectué auprès de la firme chinoise Bowang Co.Ltd/ChinaXu Xiao, une commande de matériels médicaux évaluée à 18 millions de dollars.

Il s’agit, en effet, de la première partie d’une commande globale de 27 millions de dollars. Joseph Jouthe, le chef du Gouvernement, avait déclaré que cette commande est un choix en fonction des besoins urgents, et ces 493 tonnes d’équipements hospitaliers devaient arriver en Haïti au plus tard 10 avril. Jusqu'à date, même une tonne de ces marchandises n’a pas été livrée alors que ces achats ont été effectués pour équiper les hôpitaux haïtiens, dans la lutte contre le Covid-19.

Cette première commande, selon le Premier ministre, comprend 2,5 millions de gants médicaux (nitrile), 300 000 blouses stérilisées, 10 analyseurs automatiques de biochimie, 100 respirateurs et accessoires, 1 500 lits d’hôpitaux, 500 unités de pompe à infusion, 200 000 masques KN 95, 1,5 million de masques chirurgicaux jetables, 250 000 équipements de protection individuelle (lunettes, visières et chaussures). À environ un mois de la présence de la maladie sur le territoire, les hôpitaux n’ont toujours pas été dotés de ces matériels hyper-indispensables dans la prise en charge des malades. Par conséquent, si Haïti ne connaît pas déjà le même sort que plusieurs autres pays, ce n’est pas grâce à la célérité du Gouvernement.

Par ailleurs, le pouvoir n’a pas non plus réussi à faire respecter l’ensemble de ses décisions adoptées dans la lutte contre le Covid-19. Qu’il s’agisse des décisions liées au fonctionnement des marchés publics, du transport en commun, du confinement généralisé, du couvre-feu vespéral, aucune de ces décisions n’a été respectée. Il est vrai qu’une bonne partie de la population reste cloîtrée à la maison, mais c’est uniquement par peur de la maladie. Les gens ont toujours la nécessité d’occuper les rues du pays chaque jour. Même l’aide financière de 2 000 gourdes destinées à des familles reste encore au stade des promesses.

Chose la plus étonnante dans le cadre de la gestion de cette crise, la communication du Gouvernement, pour la mise en œuvre des actions, vire au cafouillage. Lors de son adresse le lundi 13 avril, le chef de l’État avait annoncé une distribution massive des masques par le Premier ministre Joseph Jouthe dès le mardi 14 avril. Pourtant, en mercredi 15 avril, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre a demandé à la population de patienter. Car, disait-il, la totalité des masques commandés n’est pas prête. Ceux qui sont disponibles vont être distribués uniquement aux petits commerçants dans les marchés publics.

Même le masque, outil essentiel dans la limitation de la propagation de la maladie, le pouvoir n’est pas en mesure de le garantir à la population un mois après la déclaration d’état d’urgence sanitaire sur le territoire. En effet, les critiques évoquées par des associations de la société civile sur la gestion catastrophique de la pandémie ont leur raison d’être. Car, en se basant sur ce mois d’urgence sanitaire, le pouvoir tarde à poser des actions nécessaires et importantes pour limiter le risque de propagation du virus. Pour l’instant, la population se contente des conférences de presse du Centre d’informations permanentes sur le coronavirus (CIPC).

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