ASSASSINAT DE JOVENEL MOISE Les avocats de l’État haïtien critiquent l’indifférence du gouvernement
La mainmise des États-Unis sur le dossier relatif à l’assassinat des États-Unis suscite beaucoup de réactions en Haïti, notamment au niveau des avocats de l’État haïtien. Ces derniers, lors d’une conférence de presse le lundi 17 janvier 2022, ont fait part de leur préoccupation quant à la gestion de « l’affaire Jovenel Moise » quasiment prise en charge par l’international et négligé par l’État haïtien. Les avocats de l’État haïtien recommandent au Premier ministre Ariel Henry de poser des actions pour faire la lumière sur les soupçons qui pèsent sur lui tout en gardant la communauté internationale en dehors des affaires internes du pays.
Les avocats Osner Fevry, Newton Louis St-Juste et Fritzo Canton ont remis en question la légitimité d’Ariel Henry à la tête du gouvernement et les actes qu’il a posés depuis qu’il occupe sa fonction de Premier ministre. Ils ont aussi montré leur stupéfaction quant au manque d’intérêt des autorités haïtiennes pour le dossier de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moise alors que les États-Unis le prennent beaucoup trop à coeur. « Pourquoi le gouvernement n’a toujours pas ouvert une enquête pour trouver les personnes qui ont aidé John Joël Joseph à quitter le pays, puisqu’il a été établi qu’il avait sur lui de faux papiers ? Qui au Bureau de l’immigration ou au ministère de l’Intérieur les lui a fournis ?», se demande Me Newton Joseph. Accusé d’être impliqué dans le meurtre de Jovenel Moise, l'ex-sénateur John Joel Joseph, a été arrêté le samedi 15 janvier, à la Jamaïque. Les autorités haïtiennes montrent qu’ils ont quelque chose à cacher, pense également Me Canton.
Pour ces avocats, l’attitude du gouvernement pourrait faire croire que certains de ses membres ont effectivement participé au complot qui a mené à la mort de Jovenel Moise. Selon eux, les révélations du New York Times qui a cité le nom d’Ariel Henry par rapport à sa relation avec l’un des suspects Joseph Felix Badio doivent être éclaircies. « Lorsque vous êtes simplement soupçonné dans un acte d’assassinat, il est nécessaire et même naturel que vous vous présentiez devant la justice », pense Fritzo Canton. Ariel Henry devrait aussi traduire en justice le journal New York Times et le journaliste qui a écrit l’article pour diffamation s’il est au-dessus de tout soupçon.
Alors que l’État haïtien devrait être aux avant-postes dans la recherche de la vérité sur le meurtre de Jovenel Moise, la communauté internationale a pris une longueur d’avance. Dans une loi adoptée le 15 janvier, le Congrès américain exige, du département d’État, des résultats sur l’enquête relative à l’assassinat du 7 juillet 2021 à Pèlerin 5 dans un rapport qui doit être livré aux deux branches du Congr`es dans un délai ne dépassant pas 90 jours. « La Communauté internationale, le Core Group, etc. ne doivent plus s’immiscer dans les affaires du pays ». Si l’enquête est menée par ces mêmes institutions, qui pourraient aussi être impliquées dans le meurtre, elles seraient capables d’effacer leur trace, déclare les avocats de l’État haïtien. Haïti devrait prendre ses distances avec entre autres, la République dominicaine, la Colombie et les États unis en rappelant ses ambassadeurs dans ces pays.
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