Village de Dieu : la PNH peut intervenir à n'importe quel moment, selon Lucmanne Delille
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L'ultimatum de 72 heures lancé par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Lucmanne Delille, aux habitants de Village de Dieu a pris fin depuis lundi dernier, pourtant, tous les riverains ne se sont pas soumis aux recommandations du ministre qui aimerait voir les innocents libérer la zone afin de faciliter la tâche aux agents de la police nationale d'Haïti (PNH) qui ont la mission de pacifier la zone. Cependant, Lucmanne Delille croit qu'une intervention de la PNH est sans appel, et que l'État se dédouane déjà d'éventuels dégâts que pourrait engendrer une intervention policière.
Dans une note de presse divulguée ce mercredi, le ministre de la Justice n’a pas rétropédalé, sans prendre en compte la situation d es paisibles citoyens au niveau des quartiers livrés à des gangs armés. Dans sa déclaration, Lucmanne Délille laisse entendre qu'en fonction de l'ultimatum de 72 h qui a déjà pris fin, le ministère espère que les citoyens honnêtes ne s'y trouvent plus. Une déclaration maladroite d'une autorité qui n'envisage même pas de mener une enquête afin de voir si réellement la zone a été libérée avant toute démonstration de force, dans l'idée d'éviter de fragiliser un État déjà empêtré dans plusieurs scandales, dont des massacres au niveau des quartiers populaires.
Quitter un quartier dangereux n'a jamais été une simple opération. Les bandits armés font tout ce qui est en leur pouvoir pour forcer les simples citoyens à rester avec eux dans les quartiers dangereux. Les paisibles citoyens représentent pour eux des boucliers contre l'assaut des forces de l'ordre. Souvent, les individus racontent que pour laisser des quartiers sous contrôle de gangs armés, il faut tout laisser. Sortir comme si on allait au marché ou travailler et ne plus y mettre les pieds. Tout le monde ne peut pas le faire de cette manière avec le risque de tout perdre. Certaines fois, la volonté est là, mais les individus n'ont pas d'autres endroits où aller. L'État haïtien devrait penser à mieux adresser le problème.
Toute persistance dans une opération yeux bandés au village de Dieu conduirait droit vers un carnage. Et cela arrangerait les gangs armés qui espèrent que la situation tourne en leur faveur par n'importe quel moyen. Il faut croire que tout le monde, notamment les citoyens qui fréquentent constamment la zone sud du pays, espère voir un retour au calme dans la zone. Mais la manière de s'y prendre pourrait occasionner de conséquences graves, et même s'attaquer aux fondements de l'institution policière. La PNH est contrainte de rétablir la paix dans la zone, mais elle a aussi un devoir de sécurité envers les paisibles citoyens qui habitent cette zone. Les hors-la-loi sont en minorité dans la communauté. Leur autorité vient tout simplement des armes de grands calibres qu'ils possèdent.
En dépit du fait que plusieurs organismes de protection de droits humains lancent une mise en garde contre l'État haïtien sur sa décision de lancer une offensive contre les gangs armés sans tenir compte de potentielles victimes innocentes, le ministre de la Justice n'en démord pas. Pour lui, le champ est déjà libre, et que les policiers peuvent intervenir incessamment pour déloger les bandits armés. Mais ce qui est évident, aucune intervention de la PNH dans les conditions actuelles ne serait pas sans risque. Et l'État devait se préparer à affronter les conséquences d'une opération policière mal planifiée.
Evens REGIS
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