Les recommandations des syndicats des travailleurs de la sous-traitance à l'occasion du Premier mai
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La date du premier mai rappelle la commémoration de la Journée internationale de la lutte des travailleurs. En l'occasion, les syndicats des travailleurs de la sous-traitance font plusieurs propositions aux autorités en place en vue de redresser la situation actuelle.
À trop dénoncer, les syndicalistes deviennent bavards. Ils aimeraient recourir à la mobilisation de rue, mais le contexte du Covid-19 n'est pas favorable. Ce qui fait les affaires du pouvoir, accusé de manque de cohérence après la réouverture des usines sous prétexte que l'État ne peut pas se payer le luxe de perdre près de 58 mille emplois. Et, l’explication, faisant croire que les usines devaient produire des matériels médicaux capables d'aider dans ce contexte de Covid-19, ne tient pas la route.
Avec ces argumentaires précités, Dominique Saint-Éloi parle de « complot ». Selon le syndicaliste, l'État adopte un comportement criminel en se soumettant aux ordres des États-Unis au détriment de l'intérêt de la nation. « Il utilise la main-d'oeuvre haïtienne pour répondre aux besoins des USA. Elles sont nombreuses ces usines de la sous-traitance qui fabriquent des matériels médicaux. Prétextant alors la conjoncture, l'État place ces commandes en Chine tandis que les masques produits au quotidien de la sous-traitance sont exportés vers les USA qui, elles-mêmes interdisent la sortie de ces produits de son territoire », dénonce le syndicaliste qui invite les dirigeants haïtiens à mieux utiliser la main-d'oeuvre haïtienne.
Les griefs de ces structures syndicales sont nombreux. De l'avis des représentants de ces organisations syndicales, les usines seront contraintes de refermer leurs portes. Deux raisons fondamentales justifient cette hypothèse. D'une part, le manque de matières premières et d'autre part, l'annulation des contrats de commande des donneurs d'ordre. Face à cette flambée de chômage qui s'annonce, conjuguée à la précarité de la population, les syndicalistes taclent le pouvoir qui, selon eux, ne tient pas ses mots et ne prend pas des mesures d'accompagnement nécessaires pour soutenir la population. Ils dénoncent aussi la méchanceté des patrons qui prennent le malin plaisir de mettre à pied beaucoup d'ouvriers et d'organiser le roulement sous base de complaisance.
Des recommandations à l'occasion du Premier mai
Les syndicalistes arrivent à l'évidence que la dénonciation ne suffit pas. Des recommandations sont aussi essentielles pour la survie du secteur. Ainsi exigent-ils de l'État, le respect total des droits des travailleurs; le renoncement des autorités et des politiciens à faire de l'ONA, de l'OFATMA, de l'EPPLS, du CAS et du FAES des sources financières à vocation mesquine. Ils réclament aussi la tenue d'un vrai rassemblement entre les acteurs concernés autour de la protection sociale en vue de travailler sur le point 8 de l'Objectif de développement durable préconisant la qualité de l'emploi, le salaire décent et la protection sociale de tous les travailleurs.
Les syndicalistes recommandent également aux dirigeants haïtiens de la transparence dans l'utilisation qu'ils font des fonds empruntés des institutions financières et des agences pour la crise actuelle. Ils leur demandent de surcroit d'utiliser à bon escient les aides accordées au peuple haïtien et de planifier la relance de la production nationale.
Daniel Sévère
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