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L'exécutif n'est pas à l'abri d'un nouveau soulèvement populaire

L'exécutif n'est pas à l'abri d'un nouveau soulèvement populaire

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Depuis tantôt un mois, l'opposition politique commence à sortir timidement de sa retraite. Comme grief, elle évoque la mauvaise gestion du pouvoir de la crise provoquée par le Covid-19.

Depuis l'événement baptisé de « pays lock » ayant pris fin, de la manière qu’on connaît, en décembre de l'année dernière tout portait à croire que l'opposition politique était en déroute. Les alliances avaient éclaté et les vieilles habitudes (les querelles et la division) avaient repris leur droit. Jovenel Moise, principal ennemi de l'opposition, dans l'intervalle, savourait victoire après victoire. Une nouvelle équipe gouvernementale est investie, la défaite de ses opposants semblait être acquise.

Il a fallu cette crise mondiale pour que les hommes de l'opposition, jusqu'à présent divisés, reviennent à la charge. Ce, en profitant des faux pas du pouvoir pour tenter de le secouer à nouveau. Ils dénoncent l'utilisation politique de la crise par les dirigeants du PHTK au pouvoir, leurs énergies poussées pour détourner les fonds destinés à combattre la pandémie, mais aussi, l'attitude complice de l'Exécutif dans la pérennisation du phénomène de l'insécurité dans le pays. L'opposition n'a, vraisemblablement, pas la confiance populaire. Le pouvoir, non plus.

Entre engagements non tenus, ultimatums sans fondements, gangstérisation accrue du territoire, dévalorisation des institutions (le cas de la PNH entre autres), le pouvoir a vraiment, pour l'heure, du pain sur la planche. Et, cerise sur le gâteau, l'opposition dite radicale et les organisations de base se disent prêtes à recourir à la mobilisation.

« Nous sommes à la phase finale d'un nouveau plan pour évincer cet incapable du pouvoir. La population doit savoir qu'il n'y aura pas de solution à ce virus si elle ne prend pas les mesures de pousser d'abord vers la sortie Jovenel Moise. Nous invitons toute la population à sortir avec leurs masques pour révoquer ce pouvoir friand de la corruption », ont martelé tour à tour Schiller Louidor et Josué Mérilien.

Les signes avant-coureurs se révèlent inquiétants. Déjà deux sit-in tenus par l'opposition à l'heure du Covid-19. Des organisations d'étudiants, le premier mai dernier, ont protesté à l'entrée principale du Palais national. La troisième circonscription de Port-au-Prince est devenue un enfer et la police est confrontée à la plus grande crise de son existence.

Soulignons aussi la menace que représentent les ressortissants haïtiens qui, par centaines, traversent quotidiennement clandestinement la frontière malgré le fait qu’elle soit fermée. Revenant d’un pays avec un foyer important de contamination au Covid-19, ces compatriotes ne sont ni testés ni placés en quarantaine.

Aussi les décisions controversées du pouvoir sont de l’ordre de l’irrationnel. En l’espace d’un mois, l’État a interdit les regroupements, toléré les files compactes de citoyens dans les bureaux de délivrance des cartes « Dermalog », fermé les yeux sur la promiscuité dans les marchés et les transports en commun. Ce même État, qui a imposé des mesures sanitaires drastiques, a mobilisé les foules pour distribuer des kits et ordonné la réouverture des factories alors que la maladie gagne du terrain.

Daniel Sévère

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