Guerre larvée entre l'opposition et le pouvoir
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Le danger que représente le coronavirus a amenuisé considérablement la menace des mobilisations massives dans les rues. Néanmoins, les deux antagonistes (le pouvoir et l'opposition) ne renoncent pas à leurs positions d’avant la pandémie.
Le secteur démocratique croit encore au départ du chef de l'état, à l'instauration d'un gouvernement de transition, au procès Petrocaribe et à la conférence nationale souveraine. Selon l'un de ses porte-parole, André Michel, le bloc politique auquel il appartient n’a pas liquidé ses ambitions. « Jovenel Moise partira bien avant le 7 février 2021 », affirme-t-il tout en essayant d'établir une différence entre les actions de l'opposition et celles du pouvoir dans le contexte du Covid-19.
Le secteur démocratique a récemment annoncé la concrétisation d'un nouveau plan de mobilisation. En attendant la divulgation de ce projet, les opposants au pouvoir se lancent dans la campagne anti-Corona. Dans plusieurs régions du pays, les brigadiers de l'opposition distribuent des masques et d'autres matériels à la population, confie André Michel. Mais, à la différence de l'Exécutif, il situe l'action de ses compagnons dans le cadre de la solidarité et du sens de responsabilité.
« Nous n'avons pas inscrit le nom du secteur démocratique et populaire sur nos matériels. Nous ne sommes pas en campagne électorale. Pas avant de faire triompher nos idéaux. Pas question de faire une exploitation politique de la conjoncture au même titre que le pouvoir qui en profite pour essayer de se vendre en vue de 2022. C'est inacceptable », dénonce l'homme de loi qui promet, comme pour désavouer l'Exécutif accusé de corruption, le rapport détaillé de la gestion des fonds ayant financé la campagne anti-Corona de l’opposition.
Contrairement aux trois années écoulées, le secteur démocratique veut poser des actions sur le terrain tout en continuant avec la dénonciation. Et, c'est dans cette optique qu'il mobilise ses troupes aux frais, précise André Michel, de ses membres. Parallèlement, il dénonce la non-transparence du pouvoir dans la gestion de la crise. L'ancien candidat aux sénatoriales en a profité pour fustiger les dirigeants de l'État qui alimentent de façon expresse l'incrédulité de la population par rapport au Covid-19. « Ils émettent des discours contradictoires », critique l'avocat.
Pour l'heure, sans vacarme, l'opposition essaie de combattre les faits par les faits. Seul moyen, pensent-ils, raisonnable pour pousser l'Exécutif dans ses derniers retranchements.
Fanmi Lavalas invite la population à se serrer la ceinture
En réaction à la propagation inquiétante de la pandémie en Haïti, le parti Fanmi Lavalas rejette l’entière responsabilité sur l'Exécutif. D'après le docteur Jean Myrtho Julien, c'est la méfiance dans les actions du pouvoir qui est en train de susciter ce large consensus visant le changement à la tête de l'État. Et, au regard de la conjoncture, il invite la population à se serrer la ceinture afin de faire face à cette force réactionnaire et rétrograde qui s'oppose au développement du pays ainsi qu'au bien-être de la société.
Daniel Sévère
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