À quand la pacification de Martissant ?
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Comme beaucoup d'autres, le week-end écoulé a été meurtrier au niveau de la 3e circonscription de Port-au-Prince. Au moins 11 personnes ont été tuées. Les vidéos qui circulent soulèvent l'indignation de tous. L'Etat, en se comportant comme un observateur, prouve une fois de plus son incapacité ou son manque de volonté à gérer la situation qui dégénère jour après jour.
Selon les dernières informations, au moins 11 personnes ont été tuées le week-end écoulé dans le cadre des affrontements entre les gangs de Martissant. Parmi les victimes, des membres des gangs du village de Dieu et Base Pilate. Les atrocités sont commises par les membres des deux camps. Les bandits armés tuent et arrachent des parties du corps des victimes. Ils réalisent des vidéos pour garder le souvenir et partage avec le monde entier à travers les réseaux sociaux. Certes, ce sont des membres de gangs armés, mais quand ces scènes de crimes se répètent à quelques encablures du palais national depuis 3 ans, l'avenir sécuritaire du pays ne pourrait être plus inquiétant.
La lutte pour le contrôle des territoires de la 3e circonscription est de taille. Les enjeux aussi. D'ailleurs, ils ne sont pas uniquement d'ordre économique. Les candidats aux prochaines élections incertaines sont en train de déplacer des pions également. En effet, quand ces hommes armés s'affrontent, des innocents font toujours les frais. Et ce week-end encore, d'autres individus, parmi eux des usagers du boulevard Harry Truman et deux habitants de la zone ont été également tués. Jovenel Moise observe cette situation depuis le début de son mandat. Rien de concret n'a jamais été fait pour sauver cette communauté de l'emprise des gangs armés.
La zone est divisée en sous-secteurs. Seul l'État haïtien ne dirige aucun des secteurs. Chaque groupe d'individus contrôle des zones bien particulières, et ce sont eux qui collectent les impôts au niveau de ces zones, notamment les services de l'EDH et de la DINEPA. Les bandits de village de Dieu réalisent leur racket sur toute la zone du Bicentenaire, alors que ceux de Base Pilate exercent leur main mise sur les avenues Bolosse et la zone du cimetière jusqu'à la rue Joseph Janvier. L'État est bel et bien au courant de cette situation qui sévit dans la zone. D'ailleurs, des parlementaires et anciens parlementaires sont de connivence avec eux. Des enquêtes parlementaires et d'organisation de la société civile l'ont prouvé, mais la justice n'a jamais donné suite.
Pas un jour sans une scène de crime au niveau de la 3e circonscription de Port-au-Prince
Ce lundi encore, la zone était bloquée par des membres de gangs armés de base Pilate qui veulent voir une offensive de la PNH contre les hommes armés du village de Dieu. Le monde entier est au courant des péripéties que traversent les habitants de ces quartiers. La presse n'a jamais raté l'occasion de traiter ce problème sous différents angles afin d'attirer l'attention des autorités policières et judiciaires. À présent, il reste qu'à la PNH de bien jouer sa partition, et résoudre cette situation une fois pour toutes.
Par ailleurs, le ministre de la Justice traverse cette zone assez souvent. À moins qu'il a changé de résidence après son entrée en fonction, il a toujours habité Carrefour. Une semaine de cela, Lucmanne Delille avait annoncé une offensive contre les gangs armés du Village de Dieu, lançant un ultimatum aux citoyens paisibles pour qu’ils laissent la zone. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont critiqué cette décision et ont demandé au ministre de se rétracter. À date, pas d'offensive contre le Village de Dieu, en dépit de la fin de l'ultimatum de 72 h, depuis tantôt huit jours. Les gangs armés continuent d’imposer leur loi comme si aucun chef n'a jamais menacé de sévir contre eux.
Evens REGIS
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