Gonaïves: PSEA annonce des mouvements de rue
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La Plateforme des syndicats des enseignants de l'Artibonite (PSEA) et le Réseau national des enseignants haïtiens (RENEH) sont montés au créneau pour dénoncer une série de dérives au Bureau départemental de l'éducation de l'Artibonite ainsi qu'au niveau du ministère de l'Éducation nationale lors d’une conférence de presse donnée ce lundi 25 mai 2020 au local de l'école nationale Belfond Pierre. Ils dénoncent des faits de corruption, de népotisme et d'abus sexuels au niveau du Bureau départemental et exigent le renvoi de l'actuel directeur qui, selon eux, ne fait preuve d'irrespect envers les professeurs.
L'annonce, il y a quelques jours, de divers scénarios pour la réouverture des classes pour sauver l'année scolaire par le ministre de l'Éducation nationale sera sans effet si les revendications des professeurs ne sont pas satisfaites. Ils dénoncent la mauvaise foi et le manque de considération des autorités de l'État vis-à-vis des professeurs qui sont sous-payés et d'autres qui n'ont jamais été payés. Dans sa présentation, le professeur Sadrack Deshommes, coordonnateur de RENEH, a rappelé les revendications des professeurs qui sont, entre autres, la nomination des professeurs et le paiement des arriérés de salaires de plus de trois ans. Il dénonce les fausses promesses du ministre de l'Éducation et les menaces dont ils font l'objet pour abandonner leurs revendications.
« Cette conférence de presse est donnée pour dire à l'opinion publique que nous sommes toujours en éveil. Malgré la pandémie du coronavirus. Nous avons entendu que le ministre Pierre Josué Agénor Cadet annonce la réouverture des classes pour le mois d'août ou septembre. Nous voulons savoir comment il va procéder à cette réouverture des classes avec l'émission de onze mille lettres de nominations sans budget ? Il y a des professeurs dans les salles de classe qui n'ont jamais reçu leurs salaires. Aujourd'hui nous avons besoin de 110 gourdes pour 1 dollar américain, mais personne ne parle de l'augmentation du salaire des professeurs. J'ai appris qu'il va y avoir un nouveau budget. Dans ce nouveau budget, le problème des onze mille lettres de nominations sans salaire doit être réglé ainsi que les professeurs, qui sont en salle, et qui n'ont pas encore reçu leurs lettres de nomination. Mis à part de cela, la carte de débit, qui est très important pour nous professeurs, kredi pa m 5 an et autres problèmes doivent être résolus avant la réouverture des classes », a assuré Didier Pierre, président de la PSEA.
« Autre chose, on ne doit pas faire de fausses promesses aux personnes en situation difficile. Ce que le président est en train de faire aux professeurs des écoles privées est immoral. Ces professeurs n'ont pas eu de salaires depuis le mois de mai de l'année dernière à cause de l'opération peyi lòk. Ils ont travaillé trois ou quatre mois. Le président leur a promis une subvention. Plutôt que d’émettre les chèques à l'ordre de ces professeurs, le Gouvernement préfère passer par les directions d'école. Cependant, les démarches pour l'ouverture du compte coûtent quatre-vingt mille gourdes alors que la subvention prévue est de cent mille gourdes. Pensez-vous que les directeurs vont donner cet argent aux professeurs après une telle dépense ? » se questionne-t-il.
Plus loin il demande au ministre de l'Éducation nationale de relever au plus vite l'actuel directeur départemental de ses fonctions à la tête du Bureau départemental. « Si vous avez besoin de M. Écol vous n'avez qu'à le prendre dans votre cabinet. Parce que ce n'est pas normal, que des professeurs qui réclament de meilleures conditions de vie soient traités d’aigris. Il a prouvé qu'il n'est pas à la hauteur de sa tâche. Autre chose, il est dans une situation d'insubordination grave. Car, il y a plus de trois circulaires qui interdisent aux professeurs qui n'ont pas de lettres de nomination d'entrer dans les salles de classe alors que le directeur départemental affirme qu'il ne va pas donner de lettres aux professeurs qui ne sont pas dans les salles de classe. Cela signifie qu'il a autorisé des professeurs à entrer en salle sans lettre de nomination contre la décision formelle de son ministère de tutelle. Il prétend défendre les intérêts de l'État alors que sa femme qui a laissé le pays depuis deux ans a eu une promotion et continue de toucher son salaire. Nous demandons à l'ULCC et à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif de mener une enquête à propos. Sans oublier le dossier de surfacturation lié à la restauration, le bureau est transformé en un lieu où règnent le harcèlement sexuel, le copinage et le népotisme » a conclu Didier Pierre.
Des accusations rejetées par le principal intéressé, qui voit en cette sortie une énième pratique malveillante. « Je n'avais pas l'intention de répondre à ces accusations, puisqu'il est de coutume quand quelqu'un occupe une position dans l'État, que les dossiers qui apparaissent souvent sont la corruption, le harcèlement sexuel entre autres. N'oubliez pas que je suis un directeur qui a plus de quatre en poste. Le plus gros problème qu'ils ont avec moi, c'est le nombre d'années que j’ai passées à la tête de la direction départementale. Ce n'est pas la première fois que je suis visé par ce groupe. L'avant-dernière fois était une question de détournement de fonds. Mais aujourd'hui, tout le monde sait qu'il y a un comptable public qui gère tout. Cette fois, ils viennent avec un dossier de harcèlement. Les gens qui viennent avec ce dossier peuvent aller porter plainte. Ils veulent créer un scandale. Mais nous n'allons pas leur donner ce crédit. D'autant plus que je ne souhaite pas faire du tac au tac avec des enseignants. Je les attends plutôt en tête à tête pour résoudre les problèmes du système. Nous sommes dans un contexte de coronavirus, le ministère prévoit plusieurs scénarii pour la reprise des activités scolaires. Malheureusement, j'ai entendu dans leur conférence de presse qu'ils se préparent à empêcher cette reprise comme ils l'ont fait au début de l'année scolaire. Je voudrais savoir qu'est-ce qui est prioritaire pour un enseignant de voir les enfants aller à l'école ? La seule chose que je veux dire aux jeunes qui ont fait des études. N'ayez pas peur d'occuper des postes. Vous devez entrer dans le système pour le changer. On dira des choses qui vous feront du mal. Mais il ne faut pas baisser les bras. Je veux dire à la communauté estudiantine que je vais continuer à bien faire mon travail. Je redis aux jeunes, n'ayez pas peur de briguer des postes. Mais vous devez vous préparer à souffrir aussi », a soutenu le directeur départemental de l'éducation de l'Artibonite, Écol Renois.
Lesly Succès
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